La mer en hiver

La mer en hiver de Susanna Kearsley
457 pages, éditions Charleston, à 22,50€

 

Résumé : Lorsque Carrie McClelland, auteur à succès, visite les ruines du château de Slains, elle est enchantée par ce paysage écossais, à la fois désolé et magnifique. La région lui semble étrangement familière, mais elle met de côté son léger sentiment de malaise afin de commencer son nouveau roman, pour lequel elle utilise le château comme cadre et l’une de ses ancêtres, Sophia, comme héroïne. Puis Carrie se rend compte que ses mots acquièrent une vie propre et que les lignes entre fiction et faits historiques se brouillent de plus en plus. Tandis que les souvenirs de Sophia attirent Carrie encore plus au coeur de l’intrigue de 1708, elle découvre une histoire d’amour fascinante, oubliée avec le temps. Après trois cents ans, le secret de Sophia doit être révélé.

Extraits :  « Les bébés sont des êtres incroyables, me dit Jane. De si petites choses, et pourtant une fois qu’ils arrivent dans votre vie ils la bouleversent complètement. Ils prennent le dessus. »
« Où que j’aille, mon Âme demeurera avec vous : ce n’est que mon Ombre qui s’éloigne de vous. »

Mon avis :  Quel livre ! Quelle histoire ! La magie romanesque, l’amour, l’histoire, les guerres passées se mélangent entre eux pour former un livre aux multiples facettes, pouvant plaire à tout un chacun.

L’histoire initiale est très simple : une jeune auteure est venue chercher l’inspiration pour son nouveau roman en Ecosse, lieu de l’intrigue de son prochain livre historique. Arrivée dans son nouvel habitat – un petit cottage en bord de mer, à Cruden Bay -, elle va ressentir des émotions tout à fait inconnues, surprenantes, voire effrayantes : comme des perceptions de déjà vu… voire déjà vécu. Son roman se passe au XVIIIème siècle, lors de la rebéllion jacobite, avec comme protagoniste Sophia, une jeune fille hébergée chez la comtesse d’Eroll, qui va être la triste spectatrice d’une guerre violente, pleine de ruses, de trahisons et emplie de sang.

J’ai tout d’abord été frappée par la dextérité et le talent de l’auteure, Susanna Kearsley qui arrive à faire une mise en abyme parfaite, sans jamais embrouiller le lecteur. En effet, ces deux histoires évoluent en parallèle, se faisant écho l’une à l’autre, n’empiétant pas sur la surface de l’autre, restant fidèle au contexte de leur temps. La modernité se fait ressentir lorsque Carrie McClelland est la protagoniste, avec une égalité des classes, sans distinction aucune (Jimmy accueille volontiers Carrie dans son cottage). Alors que l’on peut clairement voir une hiérarchie de classes avec une démarcation fortement marquée avec la vie des plus humbles (la comtesse d’Erroll, qui vit confortablement) contrairemet à la vie plus drastique de la soeur de Kirsty, la domestique (qui élève énormément d’enfants dans un petit espace). De plus, un sentiment de danger reste omniprésent lors de la narration de l’histoire de Sophia, ce qui renvoie aux nombreuses batailles qui ont eu lieu à cette époque-ci.

Concernant l’aspect historique de l’histoire de Sophia, je l’ai trouvé un peu flou, moyennement expliqué. Des noms inconnus fusés de toutes parts – la reine Anne, Jacques, les jacobites… – sans pour autant être clairement explicités. Deux théories s’offrent alors à moi : soit ma médiocrité en histoire m’empêche une nouvelle fois de comprendre entièrement le récit, soit l’auteure n’est pas allée jusqu’au bout de ses explications, privilégiant l’action sur la démonstration. Je pense que les deux raisons sont valables. Bien heureusement pour moi, la compréhension des grands événements historiques n’étaient pas obligatoires au bon entendement du récit.

Une chose est sûre : l’auteure a parfaitement réussie son retour dans le passé. Les scènes étaient tellement réalistes, que j’avais l’impression de ne plus être qu’une simple spectatrice de l’histoire, mais d’être bel et bien au coeur de l’histoire. Grâce à de nombreux détails, une description réaliste et enchanteresque, l’atmosphère du récit paraît se mouvoir dans la réalité, à tel point qu’il en devient quasiment vivant.

Je préfère vous prévenir maintenant : vous allez pleurer. Les mots qu’emploient l’auteure pour raconter son histoire, le déroulement totalement inattendu de l’intrigue, les scènes hautement émouvantes, voire déchirantes qui hantent le roman… tout concorde à émouvoir le lecteur. Même si vous ne versez pas de larmes, vous ne ressortirez pas entièrement indemne de cette lecture.
J’ai aimé les personnages féminins – Sophia et Carrie plus particulièrement, mais également Kirsty et la comtesse d’Erroll – qui paraissent toutes fragiles et vulnérables mais qui recèlent un tempérament de guerrières, avec une force de caractère hors du commun. J’ai aussi agréablement apprécié la bravoure des hommes – Moray, le comte d’Erroll, le duc d’Hamilton – qui vont au-devant de leurs valeurs défendre leur territoire et leur roi au péril de leur vie. La volupté de l’amour et la violence des batailles sont liés pour nous donner un cocktail explosif à déguster sans modération.

Entraîné entre romance, histoire et fiction, le lecteur n’est pas au bout de ses peines : les rebondissements surgissent à tout instant, le suspense est omniprésent, les actions ne manquent pas. Ne vous laissez pas rebuter par le grand nombre de pages de La mer en hiver : il vaut vraiment la peine d’être lu !

 

Ma note : 8/10
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