Israël : Les blessures d’un destin

Israël : Les blessures d’un destin
d’Aude Marcovitch
90 pages, éditions Nevicata, collection L’âme des peuples, à 9€

 

Résumé : Ils sont Israéliens et ils le crient. Avec leurs lots de joies, de peines, de colères et de blessures. Dans cet éternel champ de bataille qu’est leur petite terre tant convoitée depuis des millénaires, les citoyens de l’État hébreu racontent avec leurs mots le destin du pays qu’ils continuent de construire et celui des communautés dont ils sont issus. Leurs paroles, rythmées par les prières des croyants, tracent le sillon d’une réalité bigarrée, entre modernisme débridé et hyper-conservatisme.
Ce petit livre n’est pas un guide. C’est un décodeur. Il revisite, à travers une dizaine de portraits puis à l’écoute de grandes voix israéliennes, l’image d’un pays façonné au gré des confrontations religieuses et d’une histoire souvent tragique. Un voyage au coeur des passions israéliennes pour mieux en découvrir l’infinie complexité. Au fil de destins entremêlés.

Extraits : « La meilleure manière de contrôler les gens sur le long terme, c’est qu’ils aient peur de toi. »
« Contrairement à un certain conservatisme européen qui exige que le chemin soit précisément balisé avant de se lancer dans une entreprise personnelle, les Israéliens osent, réussissent, échouent parfois, sans pour autant se formaliser de l’échec. »

Mon avis : Comme stipulé dans le résumé ci-dessus, Israël : Les blessures d’un destin n’est pas un livre de fiction, mais bel et bien un récit, composé de témoignages véridiques, qui convergent sur un même sujet. Ce court recueil peut s’apparenter à un voyage initiatique au coeur du nouvel état israélien, de ses conflits, ses tensions et ses divisions.

Avant toute chose, je tiens à dire qu’une connaissance minime du Proche et du Moyen-Orient et principalement de l’histoire israélienne est primordiale pour comprendre les grandes lignes de ce recueil. Les principaux événements du siècle dernier sont évoqués brièvement sans pour autant être développés et expliqués (la guerre du Kippour, la guerre des Six Jours, les accords d’Oslo…). Un travail personnel doit être réalisé en amont, avant la lecture de ce livre. Bien sûr, même sans connaître ces grandes lignes, vous pouvez vous lancer dans la lecture de ces témoignages, mais vous ne comprendrez que le message explicite que développe les différents protagonistes.

Le recueil se découpe en plusieurs parties, plusieurs histoires et témoignages qui n’excèdent pas une dizaine de pages chacun. Aude Marcovitch, journaliste probablement, mais avant tout passionnée de l’histoire israélienne, elle va à la rencontre des populations, et écoute leurs vécus, leurs opinions, leurs convictions, leurs vies autant sociale, politique ou religieuse, avec comme but ultime, celui de dépayser le lecteur, de le plonger au coeur de la réalité d’Israël. Souvent originaux, singuliers et typique de ce Proche-Orient pourtant si lointain, les récits collectés par la jeune femme choquent autant qu’ils fascinent.

Le témoignage qui m’a le plus ému, est sans doute celui de la page 25, Dans la peau d’un espion, qui narre la poignante histoire de Moshe, jeune espion israélien du Mossad, qui va baser sa vie sur des mensonges, qui va se mettre à craindre tout et n’importe quoi, qui survivra dans la peur, dans la peau d’un autre. Le plus touchant reste les dernières lignes de ce témoignage, quand le protagoniste nous parle rapidement de la mort de son père, et qu’il apprend, dans le laps de temps qui suit les funérailles, que son père n’était pas policier, mais qu’il faisait le même métier que lui ; espion.

Ce n’est qu’un exemple de la réalité militaire et sociale qui existe en Israël. La majeure partie des témoignages du recueil sont axés sur la religion, et la division ethnique du territoire. On apprend les coutumes des ultraorthodoxes, les principales sources des ashkénazes et des sépharades, la tradition des yeshivas… Jusqu’alors, je n’avais jamais entendu parler de telles pratiques, tout comme je ne connaissais pas l’existence des multiples convergences religieuses qui existent au sein même d’une seule religion. Pour être enrichissant, ça l’est !

Le voyage initiatique que nous permet de faire l’auteure, ouvre notre esprit, accroît nos connaissances du monde, et de la civilisation israélienne. C’est une expérience passionnante, bien que très courte. Quelques pages supplémentaires ou une plus profonde descriptions de la vie quotidienne ou passée des habitants auraient accrus notre dépendance et notre effusion pour ce livre.

Un bon moment de découverte et de plongée au coeur de l’Israël mystérieuse et énigmatique à travers les portraits prolifiques de destins croisés, divers et touchants. Ne vous laissez pas décourager par la complexité de certains termes ou passages, et laissez-vous pénétrer du sentiment d’appartenir à ce peuple opprimé, mais vaillant.

Ma note : 7,5/10
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