Littérature française·Roman

Entre mes mains le bonheur se faufile

Entre mes mains le bonheur se faufile
d’Agnès Martin-Lugand
333 pages, éditions Michel Lafon, à 16,95€

 

Résumé :Depuis l’enfance, Iris a une passion pour la couture. Dessiner des modèles, leur donner vie par la magie du fil et de l’aiguille, voilà ce qui la rend heureuse. Mais ses parents n’ont toujours vu dans ses ambitions qu’un caprice : les chiffons, ce n’est pas « convenable ». Et Iris, la mort dans l’âme, s’est résignée.
Aujourd’hui, la jeune femme étouffe dans son carcan de province, son mari la délaisse, sa vie semble s’être arrêtée. Mais une révélation va pousser Iris à reprendre en main son destin. Dans le tourbillon de Paris, elle va courir le risque de s’ouvrir au monde et faire la rencontre de Marthe, égérie et mentor, troublante et autoritaire…
Portrait d’une femme en quête de son identité, ce roman nous entraîne dans une aventure diabolique dont, comme son héroïne, le lecteur a du mal à se libérer.

Extrait : « Je le lâchai, reculai et lui souris. Il enfourcha sa moto. Je me retournai une dernière fois vers lui avant de pénétrer dans la cour de mon immeuble. Il me fixait toujours. Je me dis que j’avais besoin de réfléchir à ma vie, à mon avenir. Sérieusement.  »

Mon avis : Entre deux cahiers de révisions, je cherchais vainement une petite lecture détente, me permettant d’oublier un instant le stress accumulé durant de longues heures. Ayant déjà eu l’opportunité de découvrir Agnès Martin-Lugand l’année passée, dans son premier roman Les gens heureux lisent et boivent du café, médiatisé et en partie publié grâce à l’appui d’internet, j’avais aimé la fraîcheur de la prose, les ballades intimes et les singuliers personnages, attachants, simples mais émouvants.

C’est sans appréhension que je me suis jetée à corps perdue dans la nouvelle histoire de l’auteure. Comme son précédent roman, je ne me suis pas éternisée dans la lecture, tant l’histoire semble glisser, fluide et légère, comme un « timbre à la poste ». En quelques soirées, quelques heures de lecture, le livre est vite terminé. Les pages défilent, intéressantes, comme additives ; il est dur de se séparer d’un chapitre, tant l’envie de découvrir le suivant est fort.

L’auteure raconte ici une histoire touchante, particulièrement originale, centrée autour d’une jeune femme, désireuse de réaliser son rêve. Avec une vie bien rangée, un homme, un achat immobilier, tout semble réussir pour Iris. Seulement, son envie le plus cher est de faire de sa passion son métier, le centre de son existence, sa raison de vivre. Une passion spéciale, dont elle a acquit les principales bases depuis son plus jeune âge : la couture. Bien plus qu’un hobby, les aiguilles, le fil et les modèles rythment l’existence de notre héroïne, au point de devenir essentiels à son bien-être.

Contre l’avis de son mari, qui depuis quelques temps commence à la délaisser intimement, elle s’inscrit dans une école de couture basée sur Paris. Très vite acceptée, au vu de ses travaux exceptionnels, sa vie va dès lors prendre un tournant décisif, nouveau, revigorant et indéniable. Peut-on dire que l’on travaille lorsque l’on exerce sa passion à longueur de journée ? C’est pourtant du travail que doit fournir Iris pour prouver à Martha, la vieille femme responsable de l’école d’apprentissage, qu’elle détient véritablement sa place dans les rangs.

Une nouvelle page de la vie de notre protagoniste s’ouvre alors, emplie de soleil, de bonheur, d’amours et de passion. Une renaissance, voire une naissance en bonne et due forme, où nous découvrons Iris sous un jour nouveau, épanouie et heureuse, totalement en harmonie avec elle-même, contrastée avec la Iris du début. Néanmoins des ombres noires vont venir ternir le si beau tableau, ce qui ajoutera du piquant à l’intrigue première, du dynamisme à l’histoire et du mystère teinté d’angoisse. Iris va devoir faire de terribles choix, qui auront un impact immédiat sur sa vie, qui détermineront son avenir et figeront à jamais son existence.

Agnès Martin-Lugand reste fidèle à son style initial et continue dans sa belle lancée, sa traversée vers le succès. Les jeunes protagonistes qu’elle met en scène – jusque là principalement des femmes -, peuvent être des sources d’inspirations et d’identifications, de modèles pour les lectrices assidues. La facile adaptation de l’auteure à ses lecteurs créée un lien tacite et intime qui plonge ces derniers à corps perdus dans l’histoire, comme si leurs vies en dépendaient, aspirés par l’échéance des pages et le déroulement des péripéties.

Une belle découverte, que je conseillerais de lire en plein été, bien assis sur un transat ou dans le sable, au bord de la mer, en profitant du soleil. Ce genre de livre est particulièrement plaisant et agréable, sans prise de tête et authentique, simple et réaliste. J’ai beaucoup aimé l’originalité de l’intrigue, sa profondeur et le dénouement final, qui ressemblait goutte pour goutte à une fin digne des meilleurs contes de fées.

Ma note : 6,5/10
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