Fantastique·Littérature américaine·Saga

Dôme, tome 2

Dôme, tome 2 de Stephen King
735 pages, éditions Le Livre de Poche, à 8,90€

 

Résumé : Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort.
A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient.
Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

Extraits : « Ceux qui peuvent font ; ceux qui ne peuvent pas contestent les décisions de ceux qui peuvent. »
« Une ville était comme un corps, avec un avantage sur celui d’un homme ; si une ville avait un cerveau qui n’allait pas, on pouvait toujours effectuer une transplantation. »

Mon avis : Suite à la lecture du premier tome de Dôme, je me suis empressé d’acquérir le second volume, pour ne rien oublier du commencement de l’histoire. Les bases du décor étant déjà posées, ce deuxième tome ne pouvait qu’aller crescendo ; creuser en profondeur les sinuosités de la mystérieuse sphère, développer davantage les personnages, et apporter la dose d’horreur si chère à Stephen King.

Fortement heureuse de renouer contact avec les nombreux personnages que j’avais tristement laissé dans le premier livre, l’auteur joue, tel un testeur invétéré sur des cobayes innocents, avec la palette d’habitants se situant dans la zone du dôme de Chester’s Mill. Quelle ne fût pas ma surprise lors de l’apparition massive d’un grand nombre de personnages. Déstabilisant aux premiers abords, Stephen King surfe sur les personnalités et les caractères éclectiques qui s’offrent à lui. Une expérience qui va s’avérer payante, en montrant aux lecteurs les réactions très différentes et/ou similaires que peut produire un seul et même événement.

Gardant la même atmosphère étouffante que le premier tome, l’auteur y apposera de multiples zones d’ombres, noires comme la suie, pour rendre ce roman apocalyptique, comme le présuppose la couverture.
Divisé entre réalisme et fantastique, Dôme arrive à nous prendre aux tripes, à nous faire vivre l’enfer des habitants, à nous engoncer dans ce monde si ténébreux.

Le dénouement, final le plus attendu par le lecture, en haleine durant toute sa lecture, soupesant les indices qui s’offrent à lui, retenu dans le suspense des phrases bien tournées de Stephen King… a été une calamité. Nous offrant un pseudo ralenti sentimental entre un martien sorti d’on ne sait où, et une gentille humaine arrivant à communiquer à travers d’un objet quelconque son désir de sortir ; le speech ne tient pas la route, et le livre perd sa crédibilité. L’une des rares déceptions de cette saga, mais néanmoins la plus imposante, reste cette fin, laborieusement bâclée. Même si l’auteur a essayé quelques fines approches, pour préparer le lecteur, ce dénouement ne correspond en rien à l’ambiance général du livre, au thème qui en ressort, ou aux sensations ressenties. Panne d’inspiration, ou écriture agaçante, l’auteur s’est littéralement planté.

Le plus important reste sans doute ce qu’une personne peut tirer de sa lecture. Me concernant, j’en ai déduis une métaphore très explicite, voire exagérée mais totalement réaliste de la dégradation de l’environnement, de la pollution de la planète, de la violence accrue du monde et de l’abus de pouvoir. En partant sur la base que le dôme représente la couche terrestre de la Terre, ses habitants, les humains, provoquent l’incendie qui va conduire à leur perte, tout comme nous provoquons la pollution qui nous détruira un jour. Le reste n’est que reflet de la société, une maquette miniature de la vie humaine, promptement réalisée pour faire prendre conscience de la dangerosité que nous représentons pour nous-mêmes.

Malgré quelques longueurs inutiles et une fin plus qu’incompréhensible, Stephen King affine parfaitement l’univers singulier du Dôme, tout en gardant une part de réalisme, si comparable à la vraie vie terrestre. Bluffant, et angoissant, Dôme est un concentré d’imaginaire, dans lequel on plonge à pied joins et à coeur joie.

 

Ma note : 8/10
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