Fantastique·Littérature américaine·Saga

Dôme, tome 1

Dôme, tome 1 de Stephen King
840 pages, éditions Le Livre de Poche, à 8,90€

 

Résumé : Le Dome :
Personne n’y entre.
Personne n’en sort.

Extraits : « Si tu ne contrôles pas ton mauvais caractère, ton mauvais caractère te contrôlera. »
« Une idée, c’est comme un microbe en sommeil : tôt ou tard, quelqu’un finit par l’attraper. »

Mon avis : Depuis le temps que j’attendais de lire la mystérieuse histoire qui se cachait sous les traits de ce sombre Dôme, je suis comblée, et même davantage. L’attente a certes été fastidieuse, mais la récompense, finalisée par la lecture de ce somptueux roman, efface intégralement le long temps d’attente.

Un petit village banal, du nom de Chester Mill, se retrouve subitement prisonnier d’un dôme transparent, inquiétant et inconnu. D’où vient-il ? Qu’est-il ? Tant de questions qui se soldent par de vastes points de suspensions, et par d’interminables désastres. Dans ce bout restreint de ville, les catastrophes sont nombreuses et se multiplient davantage de jour en jour. Pour survivre, il faut lutter, s’organiser et rester calme, telle est la théorie de Dale Barbara, surnommé Barbie, ancien militaire travaillant au pub du Sweetbriar Rose. Mais Big Jim Rennie, passé premier conseiller de la ville, suite au décès de l’ancien conseiller Perkins, ne voit pas du même oeil cette physionomie sociétale, et décide, au contraire, de mener une propagande pour récolter l’entière responsabilité des pouvoirs.

L’ambiance générale du roman peu être pesante pour certaines personnes, voire angoissante, éprouvante. C’est tout là l’art de Stephen King, qui arrive à faire ressentir à ses lecteurs la pression, l’atmosphère étouffante du Dôme, comme si un tel phénomène pouvait être réel. L’auteur plonge intégralement son auditoire dans l’euphorie grandissante de sa fictive excentricité, un aspect de son talent qui mérite d’être soulevé.

Du côté des personnages, Stephen King présente une palette très variée de divers grades types caricaturistes de personnages de romans. Les faibles d’un côté, représentés par une femme aventurière et un homme courageux, présenté au lecteur comme un héros, montrés tous deux en tant que sauveurs suprêmes aux lecteurs, mais si impuissants à l’intérieure de l’histoire. De l’autre côté, se tiennent les méchants sans scrupules, en supériorité numérique, qui dominent l’histoire et paraissent prêt à prendre l’ascendant sur tout. Et entre ces deux groupes distincts de stéréotypes, les personnages secondaires, spectateurs de l’intrigue, souvent considérés comme passifs, mais qui jouent un rôle hautement spécifique dans l’intrigue. Je dois avouer que le surplus de personnages m’a un peu effrayé à l’avant-garde de ma lecture ; il m’est arrivé d’être déboussolée par tant d’arrivants, perdue dans le flot de noms propres, noyée dans les histoires divergentes que présentaient chacun des protagonistes.

Dôme n’est pas qu’une affaire d’atmosphère et d’incroyables personnages ; dans la lignée de ses précédents ouvrages, Stephen King met en place une intrigue digne des plus grands, à faire frémir tout un chacun. La créativité de l’auteur n’a pas encore dit son dernier mot, et il le prouve fort bien grâce à cet opus, relatant une extraordinaire histoire, d’une inventivité hors du commun. Le suspens est maintenu jusqu’au bout, ne laissant filtrer aucun indice permettant de mener à bien notre mission d’investigation du fin mot de l’histoire.

Ce premier tome de Dôme est beaucoup plus basé sur la condition psychologique et physionomique des personnages, à l’aube de l’implantation du Dôme sur leur village. Les pillages sont nombreux, les réactions toutes plus ou moins différentes, mais avec la basse continue de la survie en ligne de fond. La fin de ce premier tome laisse percevoir quelques recherches plus ou moins actives pour déceler l’origine du Dôme. Certains signes avant coureur restent à expliciter, et maintiennent le lecteur en haleine (ou du moins, l’incite grandement à acquérir le second tome).

Stephen King s’est certainement inspiré du film Les simpsons produit par David Silverman en 2007 (ou inversement), tant les similitudes entre ces deux oeuvres sont nombreuses. L’idée est la même, la conception aussi. Plagiat ou non, l’audience est au rendez-vous dans les deux cas, regroupant bon nombre d’addicts, férus de ce genre d’histoires étonnantes.

L’adaptation cinématographique de cet ouvrage de Stephen King a été réalisé par Brian K. Vaughan et rebaptisé Under the Dome ; il tronque les deux livres en plusieurs petits épisodes de 42 minutes, qui ont été diffusés en France en novembre 2013. Suite au visionnage de quelques extraits de cette adaptation, je pense que je m’en tiendrais au livre, ayant trop peur de la déception qui pourrait suivre.

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Ma note : 9,5/10
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