Dis-moi si tu souris

Dis-moi si tu souris de Eric Lindstrom
392 pages, éditions Nathan, à 16,95€

 

Résumé : Les règles:
Ne m’induisez pas en erreur. Jamais. Surtout en utilisant ma cécité. Particulièrement devant du monde.
Ne m’aidez pas sauf si je le demande. Sinon, vous ne ferez que me gêner.
Ne vous comportez pas de manière étrange. Excepté le fait que j’ai toujours les yeux fermés, je suis comme vous, seulement je suis plus intelligente.
Parker Grant n’a pas besoin d’une vision parfaite pour voir clair dans le jeu des gens. C’est pourquoi elle a inventé les Règles : ne la traitez pas différemment des autres, seulement parce qu’elle est aveugle, n’en profitez pas non plus. Il n’y aura pas de seconde chance. Demandez donc à Scott Kilpatrick, le garçon qui lui a brisé le cœur…
Quand Scott réapparaît soudainement après des années d’absence, Parker sait qu’il n’y a qu’une seule chose à faire : l’éviter à tout prix.

Extraits :  « Les gens croient souvent qu’en perdant la vue on renforce ses autres sens. C’est vrai, mais pas parce qu’on les développe. La cécité ne fait que supprimer l’énorme distraction constituée par l’afflux d’images permanent auquel on est soumis. »
« Aveugle, mais pas absurde ni demeurée. »

Mon avis :  En regardant et en touchant la couverture de ce livre, vous devriez deviner le sujet traité par Eric Lindstrom.

Parker est devenue aveugle suite à un accident de voiture, dans lequel sa mère a périe. Quelques années plus tard, c’est au tour de son père de décéder subitement, à cause de médicaments avalés à trop haute dose – suicide ou simple accident ? Depuis, ce sont la tante et les cousins de Parker qui sont venus s’installer chez elle, pour ne pas lui infliger une perte de repères totale. Bien que Parker soit une jeune fille comme les autres, elle a besoin de Molly, son nouveau binôme, pour l’aider à se déplacer dans le lycée. Un handicap qu’elle essaie de contrer, notamment au travers de sa passion première : la course à pied, qu’elle exerce seule chaque matin. Parker devra donc jongler entre son besoin d’intimité, de liberté et de dépendance mais l’obstacle érigé par sa cécité.

C’est un roman vraiment très touchant, qui nous met face à ce grand handicap tant redouté ; la cécité. Eric Lindstrom nous montre les conditions réelles dans lesquelles évoluent les personnes atteintes de ce mal. Elles ne peuvent plus se déplacer seules, elles sont traitées différemment des autres, doivent montrer beaucoup plus de preuves de leurs capacités et ont besoin d’accorder une confiance totale à leur entourage.

Confiance que Scott Kilpatrick, l’ex petit ami de Parker, a rompu. Alors que les deux tourtereaux coulaient un parfait amour, Scott a convié tous ses amis dans une salle de classe, pour leur prouver que lui et Parker étaient bien en couple. Un geste qui a révoltée Parker. Privée de ses yeux, elle n’a pas décelée la supercherie et s’est sentie dupée. Ils se sont donc brutalement séparés… jusqu’à ce que Scott réapparaisse subitement dans le quotidien de Parker. Doutes, questionnements et prudence vont donc assaillir les pensées de l’héroïne.

Mais au loin de se morfondre et de miner le moral du lecteur, Eric Lindstrom met en scène un personnage caractériel, forte, autant mentalement que physiquement – malgré son handicap, c’est une très grande sprinteuse, que même les valides n’arrivent pas à rattraper. Elle ne se laisse pas abattre par les difficultés rencontrées tout au long de sa vie, mais continue à tracer son chemin. Son humour légendaire vous fera oublier le handicap dont elle est atteinte. Sa « grande gueule » vous irritera peut-être, mais vous lui pardonnerait bien vite.

Mais être malvoyante n’a pas que des points négatifs. C’est aussi savoir écouter et déchiffrer les autres. C’est apprendre à connaître l’autre. Ne pas le juger physiquement. Transcender son âme pour voir son moi intérieur. Parker va apprendre à comprendre l’autre. En premier lieu sa cousine, qui vit avec elle. A trop être entourée, à trop se faire dorloter, Parker en oublie de s’inquiéter pour les autres.

Dis-moi si tu souris, c’est le genre de roman qui peut remettre en question tout notre quotidien. On se plaint sans arrêt, pour un oui ou pour un non, alors que d’autres, qui devraient se plaindre, ne le font pas. Parker a perdue ses parents, elle a perdue la vue, son copain et tous ses repères. Mais Parker reste forte et continue à vivre. Un ton d’écriture léger qui contraste avec les thèmes dramatiques abordés.

Eric Lindstrom nous offre là une belle leçon de vie et d’humanité, à travers une héroïne pas comme les autres, mais pimpante et guillerette. C’est profond, intense et merveilleusement écrit. Vivement un prochain roman !

Ma note : 7,5/10
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