Celles de la rivière

Celles de la rivière de Valerie Geary
393 pages, éditions Mosaïc, à 18,90€

 

Résumé : La femme qu’emporte la rivière Crooked flotte entre deux eaux. Sur la rive, deux fillettes qui jouent dans l’après-midi ensoleillé. Elles sont les premières à découvrir le corps et, soudain, leurs jeux cessent. Leur enfance bascule dans la dureté du monde des adultes. La veille, leur père les a laissées seules suffisamment longtemps pour qu’elles puissent le croire coupable de meurtre. Pour ne pas le perdre, comme elles ont perdu leur mère quelques semaines auparavant, elles décident de mentir sur son emploi du temps… et resserrent bien malgré elles les mailles du soupçon autour de lui, le livrant en pâture à une petite ville dont les préjugés et les rancunes lui laissent peu de chances…

A travers les yeux et les pensées de Sam, juste entrée dans l’adolescence, et de Ollie, encore enfant et qui s’est enfermée dans le silence, Valerie Geary mène son lecteur dans une enquête tissée de secrets, de mensonges, de semi vérités et d’adieu à l’enfance. A la tension générale de l’intrigue et à l’atmosphère, qui doit beaucoup à la superbe présence de la nature, s’ajoute les voix d’esprits bienveillants qui guident les fillettes dans leur quête de vérité.

Extraits :  « On porte le poids de son passé avec soi, quoi que l’on fasse pour s’en libérer. »
« Parfois, les gens qu’on aime le plus sont ceux qu’on connaît le moins. »

Mon avis :  Lisez le premier chapitre de Celles de la rivière. Deux jeunes filles découvrent un cadavre de femme dans une rivière. Elles ne sont pas choquées, elles réagissent d’une manière très étrange, ne sont ni affolées ni terrifiées. Ce premier chapitre, très inhumain, voire barbare et peu réaliste, ne m’a pas donné très envie de continuer ma lecture – le comportement des deux filles m’ayant profondément choquée. Par curiosité, j’ai quand même continuer de lire, et ce jusqu’à la fin. Pour résumer : ce livre est horrible, l’histoire est terrifiante, mais très émouvante.

Ollie, 9 ans et sa grande soeur Sam, 15 ans, découvrent une femme morte dans la rivière près de leur habitation. C’est leur père, surnommé Ours, qui est accusé de ce meurtre. En effet, cet homme atypique, vit en marge de la société, dans un tipi, installé au milieu de la prairie qu’il loue à Zeb et Franny. Pour toute occupation quotidienne, il s’occupe d’abeilles et récolte du miel. Après la mort brutale de sa femme, il a accueillit ses filles dans sa vie, se pliant parfaitement au quotidien peu commun d’Ours. Mais Ours est peu aimé par les habitants du village, qui ont une basse considération pour cet homme aux allures de sauvage. C’est en partie pour cette raison qu’il est arrêté par l’agent Santos et fortement soupçonné d’avoir tué Taylor Bellweather.

Le contexte dans lequel se déroule l’histoire est quand même incroyable. Un homme vivant dans un tipi, éloigné de toute civilisation, avec comme seul boulot, l’entretient quotidien de ruches d’abeilles. Ours retourne aux temps premiers de l’homme, communiant avec les éléments naturels, dialoguant avec la nature. Un mode de vie tout à fait original, qui peut en faire rêver plus d’un – ou en faire fuir plus d’un aussi.

Puis, ce sont les personnages eux-mêmes qui sont incroyables. Il y a déjà Ours, dont j’ai déjà partiellement fait la description physique et mentale précédemment ; personnage mystérieux, qui ne laisse transparaître aucune émotion. Puis Sam, jeune fille aventureuse, réfléchie et responsable, qui reprend, en quelque sorte, le rôle de la mère défunte, en prenant soin de sa petite soeur Ollie. Cette dernier, mystérieuse également, a perdue l’usage de la parole suite au choc traumatique occasionné par la mort de sa mère. De plus, elle voit des fantômes, qui la suivent dans tous ses déplacements. Puis viennent Zeb et Fran, qui ont remplacés les vrais grands-parents des jeunes filles dans leur rôle. Ils prennent soin de toute la petite famille, malgré leur âge très avancé. Une panoplie de personnages très différents les uns des autres, qui se complètent parfaitement.

En revanche, ce qui est moins incroyable, c’est l’intrigue elle-même. Sans vouloir me vanter, j’avais découvert l’identité du meurtrier bien avant d’avoir atteint le milieu du livre. Et puis, il faut bien le dire, l’intrigue en elle-même n’est pas très bien ficellée ; elle manque de piquant, de tension dramatique. Cette intrigue tient quand même la route, avec un enchaînement d’actions constants, et une alternance rapides des narrateurs (un chapitre est raconté par Ollie, le suivant par Sam). Le rythme est donc soutenu et le lecteur n’a pas une minute de répit.

Ce que l’on peut quand même retenir de Celles de la rivière, c’est l’amour familial très fort qui unit les personnages. Bien que tout accuse Ours, les deux jeunes filles sont persuadées qu’il n’est pas coupable et elles sont prêtes à tout pour le prouver. De même, le lien indéfectible des deux soeurs est émouvant. Bien qu’Ollie ne puisse pas parler, les deux filles sont restées fortes et soudées face aux épreuves dramatiques qu’elles ont eu à traverser. Un lien fort, qui m’a profondément touché.

Finalement, j’ai beaucoup aimé ce livre. Les personnages du récit sont vraiment le gros point fort du roman ; touchants et atypiques, ils ont sût me séduire. Mais l’intrigue, bien que vivante et dynamique, ne contenait pas assez de suspens pour me maintenir en haleine. Je vous recommande quand même la lecture de cet ouvrage !

 

Ma note : 9/10
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