Balancé dans les cordes

Balancé dans les cordes de Jérémie Guez.
188 pages, éditions J’ai lu, à 5,60€

 

Résumé : Tony est un jeune boxeur; garçon sans histoires, il consacre sa vie au sport, prépare son premier combat pro et se tient à l’écart des trafics qui rythment la vie de sa cité. Mais il doit composer avec une mère à problèmes, qui se laisse entretenir par des voyous. Tout dérape lorsque l’un d’entre eux la bat et l’envoie à l’hôpital. Tony décide de faire appel à Miguel, le caïd de la ville, pour étancher sa soif de vengeance. Mais dans ce milieu, rien n’est jamais gratuit. La faveur demandée à un prix, celui du sang. Tony, qui doit payer sa dette, entame alors une longue descente aux enfers…

Extraits : « Parfois on se dit « Putain, comment je peux continuer à vivre après ça », et on a envie de se coller une méchante balafre sur le visage, pour ne jamais oublier. Et puis tu apprends à gérer ces pensées-là. Il y a assez de merde qui nous tombe dessus chaque jour pour s’encombrer d’autre chose. Tu comprends ce que je te dis ? »
« Y a rien de plus dangereux qu’un boxeur heureux de boxer. »

Mon avis : C’est un grand « m’ouais », qui ressort de cette lecture. Balancé dans les cordes est un tout petit roman de moins de 200 pages, qui a été finaliste du Prix SNCF du Polar, et qui a été apprécié et vanté par toutes les personnes l’ayant lu. Le thème assez noir de la boxe (il faut dire aussi que l’inverse aurait été étrange), m’a attiré ; il faut dire que ce livre n’est pas le premier que je lis traitant de ce sport… j’ai voulu voir de quelle façon ce nouvel auteur allait faire tourner cette histoire.

Sans surprise, l’atmosphère retrouvée dans ce livre est telle que tous les stéréotypes l’imaginent. Un monde obscur, noir à l’extrême, violent, des hommes qui se battent pour se battre, ou seulement pour s’oublier. Une cité, des immigrés, des racailles, la pauvreté, et l’envie de s’en sortir pour montrer la possibilité de s’en sortir. Jusque là, nous pouvons retrouver toutes ces informations dans la plupart des romans traitant de boxe, comme par exemple celui de François Prunier, dans Mise au poing. Je ne critique en rien cela, car le milieu de la boxe est généralement décrit et imaginé de la même façon que le font ces deux auteurs.

Ce qui m’a assez perturbé, c’est le manque d’action sur le ring. J’ai eu l’impression de voir beaucoup plus notre protagoniste dans son environnement, entouré de ses problèmes que sur un ring de boxe en train de pratiquer ledit sport. Dans un même temps, notre jeune Tony nous explique brièvement les bienfaits que la boxe lui a apporté dans sa vie, en faisant de légères comparaisons entre sa vie passée, et celle présente. Même si les transformations au niveau du respect de l’homme lui-même se voient suffisamment, la boxe ne lui a pas enseigné grand-chose… si ce n’est le moyen de pouvoir se battre.

Tony est très mystérieux. Il se dégage de sa personne une face cachée, qui intrigue grandement le lecteur. Il parle peu, souvent pour dire des bêtises, hors, nous savons, dans le fond, qu’il est doté d’une intelligence supérieure aux autres habitants de sa cité. Il reste humble, normal aux yeux de tous, ne cherche pas à se mettre en avant, à montrer qu’il est au dessus de tous… et pour ça, je l’ai trouvé très digne. On peut percevoir également une part de ses sentiments (comme quoi, il en a !) quand il rencontre cette jeune Clara à la sortie d’une boîte de nuit… on peut également voir qu’il est très fidèle en amitié, solitaire, et sympathique envers tout, et qu’il est prêt à risquer sa vie pour quiconque l’aime suffisamment assez. Malheureusement, je n’ai pas du tout accroché à son personnage, je suis resté en dehors, telle une observatrice venue épier ses moindres faits et gestes.

Après, l’intrigue que développe Jérémie Guez a de quoi faire frémir. Déjà que tout le roman est sombre, l’histoire malsaine que notre auteur va raconter va rajouter d’autant plus de peur et de frayeur au lecteur.

On a l’habitude de voir les bandes des cités dans un cadre extérieur aux leurs. Alors qu’ici, Jérémie Guez nous plonge en plein milieu, au coeur de dealer, de trafiquants de drogue, d’ébréchés, d’SDF, de tueurs, sans doute, de voleurs, et de pleins d’autres hommes tout aussi voyous que ceux cités précédemment.
On va s’intéresser plus particulièrement à un drôle de trafiquants, dont on ne connaît pas très bien le rôle, mais envers qui l’on sait, de part la rage qui découle de ses pores, qu’il est quelqu’un de très important dans ce milieu. S’ensuit beaucoup d’actions, avec des événements tout aussi frappants et violents les uns que les autres.

Aucune pointe d’espoir ne transparaît à travers les lignes de ce roman noir. Bien au contraire, le mal va crescendo, et ne cesse de s’intensifier.

Balancé dans les cordes est un livre très très très très sombre, à ne pas mettre entre les mains de tous. Son histoire est tout de même poignante, elle ne peut qu’attrister le lecteur, qui est, lui, témoin des violences et du malheur du jeune homme et de sa cité.
J’ai bien aimé l’histoire générale, mais je l’aurais encore plus appréciée si elle était plus étoffée.

 

Ma note : 7/10
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