Autobiographie·Témoignage

3096 jours

3096 jours de Natascha Kampusch.
318 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6,95€

 

Résumé : Le 2 mars 1998, la jeune Natascha Kampusch va pour la première fois à l’école à pied. Elle est enlevée sur la route par Wolfgang Priklopil, un ingénieur électricien d’une trentaine d’années. Elle réussira à s’échapper après 3096 jours. Voici le récit de cette captivité terrible : pendant dix ans, elle restera enfermée dans une pièce de 5 mètres carrées, la plupart du temps dans le noir et pendant les six années suivantes elle sera son esclave domestique. Sous le joug de la violence et surtout d’un terrible harcèlement psychique de son agresseur, elle réussira à résister à sa séquestration et à s’enfuir.

Extraits : « L’esprit humain peut réaliser d’étonnantes prouesses en se créant ses propres illusions, en se retirant pour ne pas capituler devant une situation qu’il est incapable d’appréhender de manière logique. »
« On est parfois soulagé lorsque la douleur physique dépasse par instants les tortures de l’âme. »

Mon avis : La bonne note que j’ai attribué à ce livre ne veut pas dire que j’ai aimé l’histoire racontée (bien au contraire, j’ai détesté et même haït les événements qui se sont produits dans ce livre), j’ai juste admiré et respecté la maturité et la sincérité avec lesquels s’exprime Natascha Kampusch.

Ce livre n’est autre qu’un témoignage d’une histoire d’enlèvement survenue en Autriche. Très célèbre pour sa longue durée, et sans doute très médiatisée à l’époque, ce témoignage est un condensé des dures années qu’a vécue Natascha Kampusch aux mains de son ravisseur. Avec beaucoup d’émotions, elle nous entraîne dans son affreuse captivité, qui aurait duré plus de huit années, d’ou le titre du livre, 3096 jours.

Si un lecteur non averti aurait lu ce livre, il aurait très bien pu penser que cette histoire était sortie tout droit de l’imagination d’un écrivain farfelu. Mais en sachant que les faits décrits sont réels, qu’ils se sont déroulés parfaitement de la manière décrite, les frissons m’en viennent. De surcroît, c’est la victime elle-même qui raconte son histoire, elle se livre une bonne fois pour toute, pour se libérer enfin de ces années de cauchemars, et tirer un trait sur ce terrible passé.

Rester enfermé pendant des années dans un cachot de cinq mètre carré, sans lumière, coupé du monde… de quoi vite devenir fou ! Mais notre narratrice et victime ne s’est pas laissé dépérir. Malgré son jeune âge lors de l’enlèvement, ses pensées sont demeurées très lucides, et n’ont fait qu’accroître suivant les années. Durant ce laps de temps où elle était prisonnière, livrée à elle-même, torturée, et abaissée au rang de moins que rien, elle a du prendre une bonne dizaine (voire, une bonne vingtaine) d’années de maturité en plus. Vaillante, courageuse, mature, lucide… elle était une jeune femme très avancée pour son âge, mais séquestrée psychologiquement par son gourou.

Le lecteur peut sans doute comprendre tous les faits et gestes que Natascha Kampusch a été obligée de faire (soit par obligation directe énoncée par son ravisseur, soit psychologiquement, par habitude), mais le degré de soumission et de peur que ressentait la jeune femme… personne ne peut se l’imaginer. Même si quelqu’un arrive à ressentir cette peur, ce que notre héroïne (il faut dire ce qui est) ressentait alors était sans doute bien pire.

Se faire voler son enfance, quoi de plus outrageant, de plus cauchemardesque, de plus monstrueux ? Nous sommes révoltés et dégoûtés par cet homme sans scrupule… mais comme nous l’écrit Natascha, ce Wolfgang a été le seul homme de sa vie durant de nombreuses années, son seul repère, la seule personne a l’avoir vu grandir et « s’épanouir ». Ce criminel souffrait sans doute d’une maladie concernant le comportement et la personnalité, qui faisait de lui un homme méchant et brutal, et dans la minute suivante, le plus doux des hommes. Natascha lui en veut, certes, mais elle n’arrive pas à le détester. Les gens ne comprennent pas sa réaction, et c’est bien naturel. Mais comment juger, alors que nous n’avons pas vécu un millième des durs moments qu’elle a passé ?

Beaucoup d’émotions et de sensibilités se glissent à travers les pages. Les émotions de Natascha sont retransmises, mais on sent quand même une légère pudeur, comme si elle se retenait et n’osait pas en dire trop.

Même si 3096 jours est principalement basé sur les horribles années de captivité de notre narratrice, j’aurais grandement apprécié savoir ce qu’on fait et/ou pensé ses parents dans les premiers jours de sa disparition, les semaines suivantes, puis les années d’après. Se sont-ils vidés d’espoir ? l’avaient-ils oubliés ? Il manquait un sentiment extérieur, qui aurait encore plus étoffé l’histoire.

Un témoignage tragique, d’une histoire sans nom, que personne n’aimerait, même en rêve, vivre. Un calvaire terrible d’une jeune fille, qui a réussit à échapper à son ravisseur, et à reprendre un semblant de vie normale.

 

Ma note : 10/10
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