Morts à perpétuité

Morts à perpétuité de Thibaut Chatel
207 pages, éditions Label A, à 18€
Résumé : Boca Grande, une île interdite à la navigation au sud de la FloridePrenant des vacances sur un cabin-cruiser, Markus Kendall, un grand-reporter de 36 ans, est rembarré par des gardes armés. Ils lui ordonnent de quitter la zone immédiatement. Markus Kendall s’exécute, mais l’instinct professionnel reprenant le dessus, il revient de nuit sur l’île pour découvrir l’impensable : un camp retranché dirigé par Herb Craine, un gouverneur aussi violent qu’alcoolique… Ce dernier règne d’une main de fer sur des prisonniers ressemblant étrangement aux stars disparues depuis longtemps : Marilyn Monroe, James Dean, John Lennon, Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Kurt Cobain, Aaliyah, Tupac Shakur, The Notorious BIG (…), sans oublier un « Résident VIP » qui va se faire interner volontairement ! Sur cette île cauchemardesque, Markus Kendall et Herb Craine ont deux points communs : la haine qu’ils éprouvent l’un pour l’autre et l’attention qu’ils portent à Vanessa, une jeune actrice française. Et si Markus Kendall avait découvert des « morts célèbres » bien vivants ? Et si Markus Kendall venait de percer le secret le mieux gardé du FBI ? Et si Markus Kendall faisait le reportage photo le plus incroyable de tous les temps ? Et si Markus Kendall trouvait sur cette île enfin un sens à sa vie ?
Extraits :  « A Boca Grande, les Résidents seroont privés de nom. Ils ne seront plus qu’un prénom. Si j’avais eu l’idée géniale de cette île dès 1924 quand j’ai pris mes fonctions, au lieu d’attendre 1955, et si j’avais fait enfermer par exemple ce dégénéré gominé de Rudolph Valentino, le Gouverneur et ses hommes auraient eu l’odre de l’appeler « Rudolph ». Cette petite punition participera à leur réhabilitation. Et aidera ces artistes nocifs pour la société à redevenir des gens normaux. Un prénom n’est rien sans patronyme accolé. « Rudolph Valentino » est tout. « Rudolph » n’est rien. Et je veux avant tout qu’ils redeviennent rien ! Qu’ils redeviennent poussière ! »
« On ne peut pas te dire adieu, Elvis, tu es immortel… ce soir on veut juste te dire : au revoir, Elvis.« 

Mon avis :  Alors là, pour de l’originalité, çà, c’est de l’originalité ! Un roman-ovni comme on en voit très peu dans le monde littéraire. Totalement inclassable, mais innovant et surprenant, je ne m’attendais pas à aimer autant cette histoire.

Qui n’a jamais rêvé de rencontrer des célébrités, malheureusement décédées depuis plusieurs années auparavant ? Eh bien Thibaut Chatel nous donne le pouvoir de rencontrer des stars mondialement connues mortes brutalement. Car l’île de Boca Grande est comme un camp de concentration pour artistes : Marilyn Monroe, Bob Marley, James Dean… tous les plus grands sont recoupés dans des petits baraquements, cloîtrés, sous la surveillance constante de gardes alcooliques. Kidnappés de leur vie quotidien, ils se retrouvent privés de liberté, réduits à mourir sur cette île inconnue du grand public. Bien que leurs chances de survie soient nulles, ils gardent quand même espoir, notamment grâce à un photographe du nom de Markus Kendall, qui s’échoue malencontreusement sur Boca Grande et découvre l’étendue de la chose. Des stars prétendues mortes, retenues de force sur une île : pour Markus, c’est le scoop du siècle !

Le lecteur se retrouve plongé dans l’intimité des plus grandes stars. Elles-mêmes réduitent au rang de personnes normales, dépourvues de tout argent ou considération particulière. En effet, on peut aisément discerner le caractère de chaque artiste, leurs affinités, leurs petites habitudes, etc., avec en bonus, quelques petites anecdotes croustillantes sur certains.
Comme je vous le disais précédemment, j’ai beaucoup aimé le thème de ce roman, très original, mélange de science-fiction, de réalisme et de roman policier. Un cocktail explosif qui m’a ravie. Je pense que Thibaut Chatel a eu l’idée de jouer sur la paranoïa des fans incontestés de personnes disparues. C’est le cas notamment des fans de Mickael Jackson, qui pensaient, des mois après sa mort (voire des années après), que l’artiste n’était pas réellement mort, mais qu’il s’était tout simplement caché quelque part.

L’auteur, original dans son sujet, et tout aussi original dans sa manière d’écrire. Scénariste et réalisateur, Thibaut Chatel choisit d’offrir aux lecteurs deux points de vue dans son histoire : la narration de Markus Kendall et celle du chef de Boca Grande, Herb Craine. Le tout écrit façon manuel de bord ou journal intime, avec le jour, l’heure et le lieu stipulés, avec tout au plus quelques pages dans chaque partie.

Le suspense est maintenu, le lecteur retient son souffle, il frissonne et tremble pour le valeureux Markus. Mais, alors que le roman montait toujours plus dans mon estime, ce qui sert de dénouement final à Morts à perpétuité a soudainement fait baisser mon entrain. Sans vouloir vous dévoiler la fin du récit, je pense que vous serez tout aussi déçus que moi après l’avoir découverte. C’est le seul gros point négatif que je soulève dans ce roman. Et quel point négatif… !!!

Et si tout ceci était vrai ? Laissez-vous entraîner sur une île-prison regorgeant de stars mythiques décédées. Un bon moment de lecture, même si la fin m’a énormément déçue. Un concept amusant, totalement innovant, qui en laissera coi plus d’un.

Ma note : 6,5/10

Une réflexion sur “Morts à perpétuité

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