Littérature jeunesse·Première guerre mondiale

Mon père est parti à la guerre

Mon père est parti à la guerre de John Boyne
272 pages, éditions Gallimard jeunesse, à 13€

Résumé : 28 juillet 1914. Le jour ou la guerre éclate, le père d’Alfie promet qu’il ne s’engagera pas. Et rompt sa promesse le lendemain. Quatre ans plus tard, Alfie ignore ou il se trouve. Est-il en mission secrète comme le prétend sa mère ? Alfie veut retrouver son père.

La première guerre mondiale vue a travers le regard d’un jeune héros qui nous transporte dans sa bouleversante aventure.

Extraits : « Ma conviction est qu’un homme devrait toujours se présenter au monde avec grâce et élégance, disait-il à Alfie. C’est ce qui nous différencie des animaux.  »
« D’ordinaire, les garçons de neuf ans ont un jour dix ans. Ce sont les garçons de dix-neuf ans qui ont des difficultés à avoir vingt ans. « 

Mon avis : Après un succès monumental connu grâce au célèbre best-seller Le garçon en pyjama rayé parlant de la Seconde Guerre mondiale, John Boyne revient au devant de la scène avec une histoire historique qui reste dans ses codes : celle d’un enfant vivant pleinement les monstruosités de la Guerre des tranchés. Tant de douceur lancé dans un monde dévasté, où l’atmosphère morbide et sordide de la Grande guerre fait rage. Un contraste saisissant, qui rend d’autant plus touchant le récit.

L’histoire se déroule à travers les yeux d’un jeune enfant, Alfie, qui assiste au lancement de la Première Guerre mondiale, la guerre dans les tranchées. Un beau jour, jour mémorable et ineffaçable pour ce petit ange fêtant ces cinq ans, le père d’Alfie s’enrôle dans l’armée, laissant coi non seulement son fils, sa femme, mais aussi sa mère et ses nombreux voisins. Cet acte de bravoure, empli de courage et de dévouement pour sa patrie est un coup dur pour sa famille, hébétée et terrassée par cette nouvelle. Quatre ans plus tard, alors que la guerre fait toujours rage, le père d’Alfie a cessait d’émettre des nouvelles. Le jeune garçon de neuf ans découvrira bientôt que son père se trouve dans l’hôpital d’East Suffolk & Ipswich, parmi les hommes souffrants, traumatisés par la violence de la guerre.

Les auteurs prennent un malin plaisir à dérouler les grandes scènes de la guerre avec pour pivot principal de l’histoire un jeune enfant. Précédemment, La chambre d’Hannah traitant de la Seconde Guerre mondiale, racontait ses grandes lignes avec des enfants pour témoins principaux. Ce côté enfantin et naïf dont ils usent permet de donner de la légèreté, un grain de sentimentalisme et une once de pitié, pour les nombreuses enfances que la guerre a détruite.

Dans Mon père est parti à la guerre, l’auteur ne dévoile pas les atrocités de la guerre des tranchés, mais préfère rester dans les rangs civilisées, en déployant les conséquences que subissent indirectement les personnes restées en fond. De sorte que les familles des courageux sont mises en avant : la mère d’Alfie travaillant jour et nuit pour garder son toit, le jeune Alfie, travailler clandestinement pour aider sa mère, tout en évinçant l’école, peu utile à la survie humaine. Dans un autre registre, le portrait de Joe Patience, objecteur de conscience, refusant de s’aligner et de s’engager dans cette sauvage guerre est vu et traité tel un lâche, manquant à l’appel de sa nation, refusant de coopérer et de se battre pour son pays. Une oppressante atmosphère régnait dans le paysage désertique du quartier d’Alfie. A chaque apparition de soldats venus annoncés un nouveau mort, les femmes se pressaient sur leur parvis, à l’affût d’une mauvaise nouvelle, marchant sur des œufs, la peur au ventre, prêtes à s’écrouler à tout instant.

Une écriture à la portée de tous, qui se laisse facilement déchiffrer, et emporte dans son sillage l’esprit sensible du lecteur. Cent ans après ces avènements, difficile de croire que de telles choses se sont réellement déroulées. Le chagrin et la tristesse des populations, la peur de la mort, guettant à chaque coin de rue les uns et les autres. Les précaires conditions de (sur)vie, l’ignorance, la souffrance, les pénuries… des désastres attristants, qui prouvent le courage et la volonté des hommes de cette époque. Si près mais pourtant séparée d’une décennie, cette période de l’histoire ressemble à un monde parallèle, complètement différent du XXIème siècle, égoïste et nihiliste.

Ce roman, accessible à tout type de personne, est un uppercut en pleine face, un coup de poing brutal, entouré d’un gant de velours. La Première Guerre mondiale, une guerre totale, où la condition de vie des civils était égale à celle des belligérants. Je recommande !

Ma note : 8/10
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