Les racines du sang

Les racines du sang de Natacha Calestrémé
325 pages, éditions Albin Michel, à 19,90€

 

Résumé : Un homme est retrouvé assassiné d’un coup de couteau à la jugulaire dans le parking sous-terrain de l’immeuble où vit sa maitresse. Une rose est enfoncée dans la plaie et du sucre est découvert dans la gorge de la victime… Assez vite, un deuxième puis un troisième cas apparaissent, présentant le même modus operandi.
S’agit-il d’une vengeance familiale, professionnelle ou la signature d ‘un tueur en série ?
De l’Afrique au prise avec Ebola, en passant par des magouilles de laboratoires, de manipulations et de guerre des polices, on s’aventure avec délectation dans un enchevêtrement de pistes, formidablement rythmées, et l’on retrouve l’attachant major Yoann Clivel, avec ses zones d’ombre et son passé douloureux qui s’ouvre enfin à ses perceptions extrasensorielles.
Extraits :  « Inutile d’écouter les conversations. On peut tout savoir d’une personne et déterminer avec certitude lorsqu’elle tombe amoureuse, par exemple.
– Comment ?
– On se met à passer des coups de fil à minuit ou à trois heures du matin, juste après avoir quitté son nouvel amour. Quinze textos d’affilée, ça signifie « Je t’aime, moi aussi et tutti quanti ». Le dimanche, on appelle sa famille. Le meilleur ami ou la bonne copine, c’est celle qu’on sollicite en fin de journée, juste avant de rentrer chez soi, en conduisant. Tout ça, ce sont des statistiques, ils n’ont pas besoin du contenu des appels. La durée de chaque coup de fil donne de sérieuses indications. Une heure non stop, c’est une femme ou un gamin. Avec le nom et l’âge de celui qui les passe, ils émettent des hypothèses. Ce que je veux dire, c’est que l’utilisation du téléphone nous rend extrêmement prévisibles.
 »
« – Valentin est en dépression, ajouta Alisha, comme pour faire diversion.
– C’est parce qu’il est marié, dis-je en éclatant de rire.
« 

Mon avis :  Un homme a été tué sur un parking ; la gorge tranchée et une rose plantée dans la carotide. Est-ce un crime passionnel ? Yoann Clivel en doute. Lui et tous ses collègues vont découvrir que ce meurtre est le fait d’un tueur en série mystérieux. L’enquête va amener Yoann jusqu’en Afrique, terre du virus Ebola, où la mort sera bien plus présente que tout ce qu’il a jamais pu voir au cours de sa carrière de policier. Finalement, on découvrira que les personnes tuées n’étaient pas blanches comme neige, engoncées dans des magouilles pharmaceutiques qui ont coûtées la vie à plus d’une personne.

L’intrigue est bien menée, le suspense est à son comble. Qui est ce mystérieux assassin ? Je me suis prise à accuser la quasi totalité des personnages : Yoann, l’enquêteur, son beau-frère dépressif, Valentin, les collègues de Yoann… Le mystère est vraiment à son comble et persiste jusqu’à la fin du récit.

Avec cette enquête, on voyage. De Paris en Afrique en passant par Lyon, l’enquête prend des proportions internationales. Les enquêteurs sont constamment en mouvements, ce qui donne une certaine dynamique à l’histoire ; le lecteur bouge, cherche et ne s’ennuie pas.

Néanmoins, j’ai trouvé que l’intrigue était quand même complexe à comprendre et un peu décousue sur les bords. Bien qu’ancrée dans la réalité quotidienne – l’histoire se base sur un trafic frauduleux de médicaments, faits avérés en France, ou encore en Afrique et sur la pratique expérimentale de produits illégaux sur l’être humain. La base de l’intrigue était bonne, mais pas assez développée à mon goût. L’auteure aurait dû plus entrer dans le vif du sujet et nous mettre face aux conséquences de ces trafics. Alors, j’aurais été plus impliquée.

De plus, sans vouloir révéler l’issue du roman, je tenais à dire que j’avais été déçue par le dénouement de l’affaire et la mise en lumière du tueur. On se retrouve dans un polar classique, avec une enquête générale et une résolution finale basique. Pas de retournement de situation, pas de surprise ni de rebondissements. J’ai sans doute placé trop d’attentes dans cette lecture ; j’en attendais un petit peu plus de cette histoire…

Un roman policier classique, qui devrait ravir les férus de polar. Laissez-vous embobiner par Natacha Calestrémé et tentez de percer à jour l’auteur de ces meurtres. Pas mal, mais sans plus.

 

Ma note : 6/10

2 réflexions sur “Les racines du sang

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