Les petits bonheurs

Les petits bonheurs de Bernard Clavel
188 pages, éditions France Loisirs

 

Résumé : « Mes parents sont morts alors que je m’éloignais à peine de mon adolescence. En même temps qu’eux, s’éteignait une certaine forme de bonheur qu’il ne m’a jamais été donné de retrouver.
Et si je décide aujourd’hui de feuilleter ces souvenirs, c’est dans l’espoir égoïste probablement, un peu vain – d’en respirer le parfum fané en me racontant ces petits bonheurs de rien du tout dont je ne savais pas, à l’époque, qu’ils allaient imprimer en moi une marque indélébile.
Durant des années, j’ai un peu voulu les oublier. Comme si j’avais redouté que leur modestie ne me suive à la trace. Or, j’ai découvert depuis longtemps que ce que je prenais pour de la pauvreté est une immense richesse. C’est ce bien infiniment précieux que j’éprouve aujourd’hui Ie besoin de retrouver pour le partager. »
Extraits : « C’est la récompense de l’esprit tranquille et heureux que de pouvoir évoquer les instants passés de son existence. »
« Le crépuscule est l’heure où l’on vit le plus intensément. Il n’y a plus de véritable crépuscule dans nos villes où les feux artificiels de la nuit s’allument bien avant la fin du jour.« 

Mon avis : C’est avec une grand mélancolie et une profonde nostalgie que Benard Clavel, hélas défunt depuis 4 ans, s’est empressé d’écrire une rétrospective sur les moments de sa jeunesse, ceux-là même qui l’ont le plus émus. Le titre donné au livre Les petits bonheurs n’est que trop paradoxal avec l’affreux gouffre de tristesse et d’émotions qui nous emplissent les yeux à la lecture de ces infimes portions de vie.

A coeur ouvert, impunément et sans contournement, l’auteur relate des bouts d’histoires personnels, passées dans sa jeunesse, dans une France bien différente de celle connue aujourd’hui. Une époque tellement lointaine, une vie si dissemblable de celle du XXIème siècle, qu’elle en devient presque utopique et rêvée.

Un semblant de légèreté et de simplicité émane de la plume de l’auteur, qui donne à son oeuvre un poids idéal, fragile et croustillant, Eldorado de la société actuelle.

Bernard Clavel, jusqu’alors inconnu de ma personne, s’est vu me transporter dans le passé, me figurant moi-même une rétrospection de mes propres souvenirs passés. Comment ne pas ressentir de l’émotion, quand on est transporté dans un monde maintenant déchu, intimement plongé dans les affres de son auteur… Ce livre constitue une aubaine ; avoir la chance de vivre durant un récit la simplicité de la vie au XXième siècle, d’être soi-même téléporté quelques années en arrière, enfoncé dans notre bulle, et découvrir ce monde, si contraire à la société quotidienne.

Qu’il est dur de faire une chronique constructive sur une courte biographie, relatant des faits passés voilà des années. Le seul conseil que je puisse donner, c’est de lire ce somptueux recueil, qui ne paie pas de mine, mais apporte beaucoup.

Ce témoignage, doux retour sur l’enfance de l’auteur, nous montre l’image de la vie, la vraie vie. Un agile mais sobre coup de poing, prouvant les réels plaisirs que procure l’existence humaine.

 

Ma note : 8/10

Une réflexion sur “Les petits bonheurs

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