Le garçon d’en face

Le garçon d’en face de Meg Cabot.
393 pages, éditions Hachette, à 14,50 €

 

Résumé : Célibataire, Melissa tient la rubrique des potins d’un quotidien new-yorkais. Lorsque sa voisine de palier est agressée et se retrouve à l’hôpital, Mélissa propose de veiller sur son 3-pièces et son danois. Vite débordée par l’animal, elle appelle à la rescousse le neveu de sa voisine qui promet d’occuper l’appartement. Mais celui-ci se fait remplacer par un ami : le jeune homme qui tient la rubrique « people » du quotidien concurrent. Entre Melissa et son voisin, la guerre est déclarée…
Extraits :  « Un homme doit suivre son propre chemin dans le monde, tant que faire se peut, et ne pas dépendre financièrement de sa famille. »
« Mais pour être heureux, il faut parfois prendre des risques. C’est vrai, c’est se mettre en danger.« 

Mon avis : Ce roman de Meg Cabot n’est pas vraiment « nouveau », vu qu’il a déjà été traduit en français, et édité aux éditions l’Archipel. Mais Hachette nous offre, grâce à cette nouvelle réédition, une couverture plus moderne, un format très agréable et une nouvelle chance de pouvoir découvrir cette incroyable histoire.

Le garçon d’en face est un roman presque épistolaire : ce ne sont pas des lettres que les personnages s’écrivent entre eux, mais des emails. La modernité pointe le bout de son nez, les temps évoluent et les genres aussi.
Grâce aux nombreux courriers électroniques envoyés, la lecture reste fluide, fraîche et allégée. Pas de gros paragraphes détaillés ni des descriptions à n’en plus finir… ce style de livre se lit tout seul, avec grand facilité.

Tout commence lorsque Mel entend le chien de sa voisine de palier aboyer plus longtemps que d’habitude. Inquiétée, elle se rend sur le pas de sa porte pour s’assurer que tout va bien, quand, surprise : Mme Friedlander gît à même le sol, inanimé. Transportée d’urgence à l’hôpital, Mel se retrouve seule avec les animaux de cette vieille dame. Malheureusement, son travail de journaliste et notamment les horaires draconiens que lui impose son patron, s’avèrent incompatibles avec la garde des animaux. Mel se décide alors de joindre l’un des neveu de Mme Friedlander, pour l’avertir du coma soudain de sa vieille tante, et pour le prier de venir s’occuper de ses animaux le temps de son hospitalisation. Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu… Mel va faire une rencontre inattendu, qui va bouleverser sa vie, et surtout ses sentiments.
Une question reste néanmoins en suspend : Qui a bien pu causer le coma de Mme Friedlander ?

Le lecteur est mis directement dans l’ambiance du livre dès les premières lignes lues. Meg Cabot a le don à chaque fois d’attirer le lecteur à l’intérieur de son livre, et de ne plus le lâcher jusqu’à la dernière page. Un très beau talent qui mérite du respect et des applaudissements.

Qui est Mel ? Une jeune fille généreuse, à l’écoute des autres, gentille, bienveillante et sociale… MAIS en manque d’amour, toujours en retard au travail, souvent excessive dans ses émotions, et bourrée de doutes et de craintes multiples. Elle n’a pas vraiment confiance en elle, et elle ne donne plus sa confiance aux hommes ; l’ayant trahis trop de fois, elle préfère rester sur ses gardes, à l’affût du moindre mensonge. La seule personne a qui elle se confie ouvertement est sa meilleure amie et collègue de bureau : Nadine. C’est simple, les deux amies sont inséparables, elles se disent tout, savent tout l’une de l’autre, et ne se cachent jamais rien. Liées comme les deux doigts de la main, leur complicité et leur forte amitié est un exemple touchant de l’authentique amitié. Les deux copines sont extrêmement marrantes, autant dans leur façon de s’exprimer (ou devrais-je dire, d’écrire), que dans leur comportement, et dans les attitudes qu’elles prennent innocemment, sans le vouloir.

En parlant de comédie et d’humour, ce livre en est rempli ! De la première à la dernière page, Meg Cabot nous fait bien marrer. Elle utilise de nombreux quiproquos, beaucoup de rebondissements et des retournements de situations inattendues… on se croirait dans une comédie classique du XVIIIème siècle. C’est assez marrant de comparer ce roman avec la célèbre pièce de théâtre de Mariaux : Le jeu de l’amour et du hasard. Le garçon d’en face jette un voile de modernité sur cette histoire, qui contient beaucoup de points en communs avec celle de Marivaux.

Le hasard gouverne largement toute l’histoire. Sans le crime du mystérieux agresseur, sans les animaux, sans l’égoïsme de Max… Mel et John ne se seraient jamais rencontrés ! Est-ce un coup du destin ? En tout cas, ils se sont bien trouvés, et se complètent parfaitement.

Mais l’auteure ne s’arrête pas là. Elle glisse habilement à l’intérieur de son roman une sorte d’enquête policière, cherchant à démasquer le coupable du coma de la vieille dame. Certes, si ce coupable était désignait d’office (trop prévisible), c’était une bonne idée de vouloir incorporer dans ce roman de chick-lit un brin de policier. Bien pensé !

Horriblement attachant, Le garçon d’en face vous fera passer un bon moment de lecture. Sans être de la grande littérature, il est néanmoins sympathique et divertissant. Si l’histoire ne restera pas gravée à jamais dans ma mémoire, j’ai beaucoup aimé découvrir cette romance, qui s’avère être le fruit du hasard.

J’ai cru comprendre qu’une suite de ce livre allait être écrite. J’ai hâte de la découvrir, car même si j’ai adoré ce roman, je reste sur un sentiment d’inachevé. Quelques pages en plus ne m’auraient pas gênée, bien au contraire.

Ma note : 8/10
Publicités

Une réflexion sur “Le garçon d’en face

  1. Pingback: C – AnaLire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s