L’affaire Jane Eyre

L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde
409 pages, éditions 10-18

 

Résumé : Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu’une brigade spéciale a dû être créée pour s’occuper d’affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l’origine des plus folles inventions, on a parfois envie d’un peu plus d’aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l’héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d’une fin certaine…  » Au croisement du roman policier et de l’uchronie déjantée, Jasper Fforde signe un ouvrage jubilatoire.  » Le Monde des livres.

Extraits : « es barrières entre réalité et fiction sont plus minces que nous ne l’imaginons, un peu comme un lac gelé. Des centaines de personnes peuvent le traverser, mais un soir, ça dégèle à un endroit, et quelqu’un tombe dans le trou. Le lendemain matin, la couche de glace s’est déjà reformée. »
« Votre cupidité vous perdra, monsieur, déclara Jane d’un ton posé. Vous vous trompez en croyant que l’argent fera votre bonheur. Le bonheur se nourrit des mets de l’amour, non du régime indigeste des richesses matérielles. L’amour de l’argent est la racine même du mal ! »

Mon avis : WAHOU ! Ce livre est vraiment un ovni de la littérature. Indéfinissable, indescriptible, mais proprement envoûtant et irréaliste.

L’entrée en matière est déroutant. Jasper Fforde nous plonge directement dans son univers aux dimensions incroyables, au style singulier, à l’orée du fantastique. On y découvre des animaux disparus, qui paraissaient presque mythiques (comme le dodo de la protagoniste), qui peuvent être choisis comme des produits de consommation (dodo 1.3, 2.1…). Des inventeurs hors du commun, comme le grand-père de Thursday Next, notre héroïne, qui concocte des inventions toutes plus audacieuses et futuristes les unes que les autres. Mais on découvre surtout des castes, nommés OpSpecs, où sont rangées toutes les personnes selon leurs grades et leurs affectations. Thursday Next, quant à elle, fait partie des OS-27, autrement dit LittéraTecs, elle est chargée de la protection des livres. C’est pour cette raison que lorsqu’Achéron Hadès, le mal incarné, kidnappe son grand-père et sa machine à entrer dans les livres, elle se lance à la recherche de ce ravisseur original. Tous les grands mythes de la littérature sont en danger ; ils peuvent être modifiés ou supprimés par Hadès.

Ce qui est extraordinaire dans ce livre, c’est la matérialisation de la littérature. On a l’impression que les personnages que nous aimons le plus prennent vie sous nos yeux, s’humanisent, sortent de leur livre d’origine et se rapproche du lecteur. En effet, on a des interaction avec des personnages de toutes époques confondues, grâce notamment aux machines créées par le grand-père de Thursday.
Jane Eyre de Charlotte Brontë étant mon roman fétiche de tous les temps, j’ai adoré faire des allers et retours dans le temps pour dialoguer avec les protagonistes de l’histoire et les voir sous un jour nouveau, différent de celui du livre.

Mais ce qui m’a un peu gêné, que je n’ai pas réussie à cerner, c’est les nombreuses références lancinantes à la guerre de Crimée. Des références historiques complexes à retenir, un langage souvent ardu à comprendre. Je n’ai pas trouvé d’intérêt à mêler cette histoire politique au thème de la littérature.

Vous l’aurez compris, L’affaire Jane Eyre est indéfinissable du point de vu temporel (pas de marque de temps, ou des dates fictives, inventées, avec une Histoire détournée) ou géographique (on ne sait pas où on se situe, l’auteur brouille les pistes). Il est également inclassable selon son genre littéraire (il y a une enquête « policière » pour retrouver la trace d’Achéron Hadès, de l’action lors des scènes dans le livre Jane Eyre, mais aussi des passages historiques avec la guerre de Crimé. On peut penser à une dystopie, ou à un roman humoristique… tous les styles sont combinés).

J’ai été contente de découvrir ce livre dont j’ai si longtemps entendu parler ; j’ai passé un agréable moment à vivre de nouvelles aventures dans le monde de Jane Eyre, même si le roman ne m’a pas plût plus que ça.

Si vous voulez être surpris, si vous recherchez quelque chose de novateur, de totalement loufoque et destabilisant, lancez-vous dans ce livre. Je n’ai jamais rien vu d’aussi étrange…

Ma note : 6/10
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Une réflexion sur “L’affaire Jane Eyre

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