Jules

Jules de Didier van Cauwelaert
277 pages, éditions Albin Michel, à 19,50€

 

Résumé : Zibal est un petit génie. Ses inventions auraient d’ailleurs pu lui rapporter des millions mais tout le monde n est pas doué pour le bonheur et Zibal, malgré ses diplômes, se retrouve à 42 ans vendeur de macarons à l’aéroport d Orly.
Un jour, devant son stand, apparaît Alice, une jeune et belle aveugle qui s’apprête avec son labrador Jules à prendre l’avion pour Nice où elle doit subir une opération pour recouvrer la vue. L’intervention est un succès mais, pour Jules, affecté à un autre aveugle, c’est une catastrophe. Jules fugue, retrouve Zibal et, en moins de vingt-quatre heures, devient son pire cauchemar : il lui fait perdre son emploi, son logement, ses repères. Compagnons de misère, ils n’ont plus qu une seule obsession : retrouver Alice.
Un roman plein de tendresse, mené par un trio digne des plus ébouriffantes comédies hollywoodiennes.
Extraits : « Rien n’est plus traumatisant pour un chien guide que d’être séparé par la force de la personne qu’il assiste. »
« Ce sont nos rêves impossibles qui gouvernent nos vies, vous ne croyez pas ?« 

Mon avis : Première rencontre avec la plume de Didier van Cauwelaert, grand écrivain dont j’avais longuement entendu parlé, et que je mourrais d’envie de découvrir. C’est maintenant chose faite, grâce au surprenant roman Jules.

Jules est le chien guide d’aveugle d’Alice, jeune femme qui va recouvrir la vue grâce à une opératin de chirurgie. Délaissé, Jules se sent inutile, blessé dans son orgueil de chien. Sur les conseils du docteur Haussmann, Alice confie – à contrecoeur et les larmes aux yeux – Jules à un autre aveugle, pensant que son chien pourra sortir de la déprime où il est tombé. Mais les deux êtres vont vite remarquer un vide dans leur vie, une absence prolongée insoutenable. Jules, battu par son nouveau maître, s’enfuit retrouver le dernier homme qui l’a vu dans sa condition de chien d’aveugle, et l’enjoint de l’aider à retrouver sa maîtresse.

Tout d’abord, il faut avouer que le sujet choisit est hautement original. Le lecteur apprend à découvrir les conditions de vie des aveugles, l’intelligence surnaturelle des chiens guides et l’affection fusionnelle qui lie l’aveugle et son chien. De plus, pour donner de la profondeur à son récit, l’auteur revient à la genèse de la cécité d’Alice, où il nous explique qu’après avoir été violée par trois hommes, ils lui avaient lancés dans les yeux de l’acide pour ne pas qu’elle les reconnaisse. Jules est un roman qui émeut, d’autant plus que l’histoire aurait réellement pu arriver dans la vraie vie.

Le ressentiment des animaux – la tristesse de Jules de ne plus servir de guide à Alice -, leur fidélité – Jules ne veut pas d’un nouveau maître et part à la recherche d’Alice -, l’intelligence qui les anime – il se souvient avec exactitude du trajet qu’ils faisaient tous les deux quand ils partaient en vacances à la mer -, les sensations dont ils sont dotés sont surprenants. J’ai eu le plaisir de lire il y a peu Qu’est-ce qui fait courir Julia Verdi ? de Geneviève Lefebvre, où là encore, l’auteure nous montrait avec précisions qu’un chien peut ressentir les mêmes émotions que les humains.

Mais l’histoire n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Didier van Cauwelaert pimente son récit en y ajoutant une bonne grosse dose d’amour. De l’amour entre l’animal et sa maîtresse. De l’amour entre Alice et sa compagne Fred. Entre le vendeur de macarons, sauveur de Jules, et le chien. Et un amour naissant entre le vendeur de macarons et Alice.
On remarque la symbiose parfaite entre Alice et son chien, à tel point que celui-ci arrive même à ressentir ce que sa maîtresse ressent. C’est peut-être pour cette raison qu’il lui rapporte un homme ; pour lui apporter la dose de bonheur supplémentaire qui manque à son quotidien.

J’avoue sans honte que le triangle amoureux Fred – Alice – Zibal m’a dérangé et gêné. Cette partie du roman est étrangement racontée ; avec Alice qui redécouvre le plaisir avec Zibal, le tout sans honte, sous les yeux de sa compagne Fred et de Jules.

Néanmoins, j’ai dans l’ensemble apprécié cette histoire. J’ai rêvassé sur la chance qu’avait Alice de posséder un chien aussi extraordinaire que Jules, j’ai pleuré en apprenant les raisons de la cécité d’Alice, mais j’ai été heureuse de voir qu’Alice a sût aisément remonter la pente et retrouver le bonheur qu’elle méritait. Un livre frais et léger, que je vous recommande.

Ma note : 7/10

5 réflexions sur “Jules

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  2. anaverbaniablog dit :

    J’ai bien aimé ce roman. Cauwelaert est mon auteur favoris, donc ça aide.^^ Mais je dois dire que chez lui, je préfère ses livres un peu plus surnaturels, comme La Vie Interdite.
    Si tu as aimé Jules, tu aimeras probablement Le Principe de Pauline et la Demi-Pensionnaire, qui sont aussi des histoires d’amour… (Petite note aussi au passage, je crois que les infos sur la cécité d’Alice arrivent assez tard dans le livre. Non ? C’est peut-être dommage de les révéler dans ta chronique ?)

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