Littérature jeunesse

Hate list

Hate List de Jennifer Brown.
390 pages, éditions Albin Michel, à 15,20 €

 

Résumé :Lorsque Valérie franchit le seuil du lycée, elle sait que rien ne sera plus jamais pareil. Cinq mois plus tôt, Nick, son petit ami, a ouvert le feu dans la cafétéria de l’école, tuant une dizaine d’élèves avant de se suicider. Des élèves agaçants, pénibles et arrogants qui figuraient sur la liste que Valérie et Nick ont tenue pour se défouler. Pourquoi ce qui n’était qu’un jeu est devenu un drame ? Comment va-t-on accueillir son retour au lycée ? Est-elle aussi coupable que Nick ?
Extraits :  « Il paraît que les gens qui frôlent la mort sont transformés à jamais. Que soudain ils découvrent le vrai sens de la tolérance et de l’amour. Qu’ils abandonnent toute idée de haine et de rancoeur. »
« S’il est temps de souffrir, il est toujours temps de guérir.« 

Mon avis : Ce roman m’a tout d’abord attiré par son résumé où, rien qu’en le lisant une seule fois, transparaît beaucoup d’émotion et un choc qui a littéralement bouleversé la vie de l’héroïne de l’histoire. Mais ce qui a confirmé mon envie de lire ce livre, ç’a a été les deux prix qui lui ont été décernés (présents au dos du livre) : élu le meilleur livre de l’année par le Shcool Library Journal et le meilleur livre Young Adult de l’année par l’Americain Library Association. Et après ça, vous n’avez toujours pas envie de découvrir ce qui se cache sous ce livre ?!!! Il faudrait être fou pour ne pas être tenté…

La première partie du livre est constituée à partie du présent et du passé de la vie de la protagoniste. Un passé pas si lointain, vu que le drame a eut lieu il y a moins d’un an. Dans ces flashs-backs, Valérie se remémore inlassablement la tuerie que son petit copain a déclaré au lycée Garvin le 2 mai 2008. Une tuerie affreuse, qui a fait de nombreux morts, qui a choqué à vie les élèves de ce lycée et qui a bouleversé la population entière.

Jennifer Brown nous décrit brièvement la scène et l’état d’esprit des personnages. Elle n’entre pas dans les détails et n’écrit pas de descriptions superflues. De ce fait, le lecteur est libre de s’imaginer le chaos qu’il y a eu ce jour-ci.

Au contraire, elle n’hésite pas à approfondir la psychologie de l’héroïne à la suite du drame et à creuser dans les pensées personnelles et les actes qu’a la jeune fille. Nous comprenons réellement la gravité de la situation à travers les gestes que peut avoir Valérie.

Dans la seconde partie, l’auteure nous ramène successivement en arrière, et en même dans en avant. La dramatique scène se fait plus nette, nous apprenons à connaître davantage le tueur, Nick Levils, et les liens qu’il entretenait avec Valérie. Un amour singulier les unissait, ils étaient en raccords, se soutenaient quoi qu’il arrive, et ne s’avouaient jamais vaincus.

Dans un même temps, Valérie se rappelle de l’après-scène, de son séjour à l’hôpital, des premiers moments de lucidité et du début de l’enquête policière. Est-elle complice de cette tuerie ? Telle est la question qui hante la population entière. Il faut dire que mon avis sur cette question est assez mitigé : dans un sens oui, Valérie est complice. Elle connaissait Nick sur le bout des doigts, elle aurait pu préméditer le coup qu’il allait faire. De plus, c’est elle qui l’a aidé à écrire cette liste de la haine. Mais le fait qu’il ne s’est pas confié à elle prouve qu’elle n’est pas complice, car elle ne s’imaginait pas une seule seconde qu’il pouvait faire ce genre de crime. De plus, elle a protégé certains de ses camarades et a fait arrêté la tuerie avant que son ex petit-copain ne tue plus de monde. Valérie a donc sa part de responsabilité dans ce drame, mais de là à dire qu’elle soit complètement complice… non.

Finalement, nous la voyons retourner dans son ancien lycée, encore traumatisé et choqué par cette atroce tragédie. Personne ne s’en remet. Valérie se sent coupable, et les autres élèves le lui font bien sentir à travers la distance qu’ils gardent vis-à-vis d’elle. Elle va néanmoins résister et essayait d’avancer, suivant les conseils de son psychiatre, le docteur Hieler (homme très sympathique, au passage !).

Ce roman, à travers son allure de roman pour ados cache un vrai et fort message. Cette tuerie n’aurait jamais eu lieu sans les moqueries et les mises à l’écart de certaines personnes. Nick et Valérie ont tellement ressentis le mépris et la haine que témoignaient les autres à leur égard qu’ils se reclus, isolés en médisant en secret ces personnes qui les faisaient souffrir. Il ne faut pas se leurrer ; les insultes, quelles qu’elles soient, blessent. Même si ça ne se voit pas extérieurement, elles restent gravées intérieurement à jamais. Pourquoi médire d’autres êtres humains ? Nous sommes semblables, mais notre espèce est tellement égoïste…

Je ne voudrais pas révéler la fin de l’histoire, mais ce dénouement est très optimiste et constitue un message d’espoir envoyé à nous, lecteurs, toutes et tous autant que nous sommes.

Jennifer Brown a réussi à me faire frissonner. Non pas d’effroi, mais d’angoisse et d’émotion. Elle envoie là un fort message universel, en espérant le faire parvenir à un maximum de monde. Les deux prix qui ont été attribués à ce roman sont mérités ; chapeau bas, le message a été reçu et approuvé… j’ai adoré.

 

Ma note : 8/10
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