Frangine

Frangine de Marion Brunet.
262 pages, éditions Sarbacane, collection Exprim’, à 14,90 €
Résumé : « Il faut que je vous dise…
J’aimerai annoncer que je suis le héros de cette histoires, mais ce serait faux. Je ne suis qu’un morceau du gâteau, même pas la cerise. Je suis un bout du tout, un quart de la famille. Laquelle est mon nid, mon univers depuis l’enfance, et mes racines, même coupées.Tandis que ma frangine découvrait
le monde
le cruel
le normal
et la guerre,ma mère et ma mère, chacune pour soi mais ensemble, vivaient de leur côté des heures délicates.
C’est à moi que revient de conter nos quatre chemins.
Comment comprendre, sinon ? »

Extraits :  « Les filles, quand c’est tes potes, elles sont normales, tu peux parler de trucs normaux avec elles. C’est après que ça fait flipper. Dès qu’elles sont [….] amoureuses, là, t’es mort. En plus, quand t’es pote avec une fille, t’es pas obligé d’écouter tous les trucs qu’elle a envie de raconter. Quand tu sors avec, si. »
« Tu es trop jeune pour les regrets, et trop âgée pour penser que tu as tout ton temps.« 

Mon avis : Frangine est un roman vraiment touchant, qui m’a complètement happé et déconnecté pendant quelques heures de ma vraie vie, pour me retrouver vivant aux côtés de Joachim et sa soeur…

Joachim et Pauline sont en apparences des jeunes adolescents normaux. Ils sont frère et soeur, ils n’ont pas de vrai père mais deux mamans lesbiennes, qui les ont eu par insémination artificielle. Si jusqu’ici les critiques ne les atteignaient pas directement, Pauline, qui vient de rentrer en seconde, au lycée, va devoir faire face aux moqueries de ses camarades de classe. Heureusement que son frère, qui a vécu presque les mêmes choses, mais en étant plus fort psychologiquement (et physiquement), est là pour la soutenir et l’aider à contrer toutes ces railleries…

Le thème de ce roman est d’actualité et plutôt sensible (les avis sont très mitigés sur la question des enfants pour les parents homos), mais Marion Brunet a sût faire en sorte de parler de ce sujet avec volupté et douceur.

La complicité et le lien très fort qui unit ce frère et sa petite soeur est très agréable à voir. Il l’aide dans les moments difficiles, il ne veut pas la voir souffrir ou aller mal, il l’a comprend sans un mot… J’ai eu l’impression parfois que Joachim prenait, sans bien sûr en avoir conscience, le rôle de père, ce père même que Pauline n’a jamais eu. Il est très protecteur à son encontre, l’amour qui se dégage de quand ils sont ensembles est si puissant qu’il en devient presque communicatif.

Ce roman se lit tout seul, je l’ai trouvé très additif et vraiment intéressant. Il permet de réfléchir encore davantage sur l’homophobie qui est, malheureusement, encore (et qui le restera, je pense), très présente dans notre société. En outre, les questions que suscitent le fait d’adopter, ou d’avoir recours à des inséminations pour avoir des enfants chez les homosexuels, peuvent mener à bien des débats, et à des raisonnements profonds.

Vous l’aurez compris, ce roman est simple, mais très sympathique à lire et touchant. Il soulève un sujet assez tabou, mais est écrit avec grande fluidité. Il m’a semblé être un appel à l’approfondissement de sa réflexion, et à l’ouverture d’esprit à l’encontre des gens qui ont faits le choix de vivre autrement que la normale.

Ma note : 10/10
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Une réflexion sur “Frangine

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