Littérature française·Témoignage

Camille, mon envolée

Camille, mon envolée de Sophie Daull
188 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6,60€
Résumé : Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d’une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire.
Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité, les engueulades, les fous rires; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent… Écrire pour rester debout, pour vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, pour endiguer le raz de marée des pensées menaçantes.
Loin d’être l’épanchement d’une mère endeuillée ou un mausolée – puisque l’humour n’y perd pas ses droits –, ce texte est le roman d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie: « la fabrication d’un belvédère d’où Camille et moi pouvons encore, radieuses, contempler le monde ».

Extraits :  « Tu n’étais jamais malade ; et quand tu étais petite lorsque ensemble on soignait un rhume ou une gastro, on lui défonçait la gueule au microbe. On lui donnait même un p’tit nom, Arsène, Raymond ; on le boxait, et il était K-O. »

« Tu es enterrée depuis une semaine exactement. Sans ton coeur ni ton cerveau. Ils sont à l’étude au service des autopsies de La Pitié-Salpêtrière. »

Mon avis :  « Écrire, c’est te prolonger ». Camille, 16 ans, emportée soudainement la veille de Noël, après quatre jours de lutte acharnée contre une fièvre destructrice. Sophie Daull, sa mère, raconte avec émotions les derniers jours de vie de sa fille unique et les jours qui suivent sa disparition.

Ce témoignage est vraiment un coup de poignard en plein cœur. Camille, si jeune, est atteinte d’une terrible fièvre. Rien ne la prédestinait à mourir. Une fièvre, tout le monde peut en avoir une. Quelques médicaments, une bonne dose de repos, et la voilà partie. Mais pour Camille, cette « fièvre » n’en était en fait pas une. Sophie Daull nous raconte avec émotions les douleurs qui assaillaient sa fille : un terrible mal de dos, la perte du goût, de l’envie de manger, la perte de dynamisme… Après plusieurs visites médicales, toujours la même prescription : du Doliprane. Personne n’a prit au sérieux la souffrance de Camille. Personne ne l’a suffisamment écouté.

Sophie Daull aurait pu en vouloir à ce corps médical qui n’a pas détecté à temps les maux dont souffrait sa fille. Mais rien de ce qu’elle fait ne peut maintenant ramener Camille. Camille est partie, elle s’est envolée pour l’éternité. Commence alors la période de deuil, où le corps brisé essaie de se recoller. Une période creuse et vide, où l’échos des souvenirs se bousculent à chaque coin familier visité.

Je l’avoue, j’ai versé ma petite larme. J’ai été vraiment très émue ; autant par la figure de la jeune Camille défunte, que par la courageuse maman, Sophie. Dans le récit de Sophie, on n’y perçoit point de pathos ni d’apitoiement, seulement l’indicible peine de ne plus avoir sa fille chérie à ses côtés. Une sublime leçon de vie et d’amour dans laquelle la haine n’a pas sa place.

Camille, mon envolée, c’est le témoignage poignant de Sophie Daull, une éprouvée par la perte de sa fille de 16 ans. Sophie l’a elle même écrit, la rédaction de ce récit constitue un « effet baume », lui permettant d’apaiser un temps soit peu, la douleur et la tristesse quotidienne. A lire pour Camille et pour tous ceux qui sont partis trop tôt…

Ma note : 7/10
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