Sous le manteau du silence

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Sous le manteau du silence
de Claire Bergeron.
304 pages, éditions De Borée collection Terres de femmes, à 21 €

 

Résumé : La mort suspecte du curé Charles-Eugène Aubert dans l’hôpital où elle est infirmière va contraindre Rosalie Lambert à se confronter à des souvenirs qu’elle avait jusque-là enfouis. C’est plus de vingt-cinq ans plus tôt, dans le dispensaire où elle exerçait, qu’elle avait fait la connaissance de ce curé si charismatique. Le soupçonnant d’avoir commis des actes allant à l’encontre de son devoir, elle avait dû s’enfuir, laissant derrière elle son grand amour. Alors que ses souvenirs reviennent la tourmenter et se mêler au présent, elle va devoir convaincre les jurés qu’elle n’est pas coupable du terrible crime dont on l’accuse…
Extraits :  « C’est fou ce que la vie a de chemins détournés pour remettre en présence deux êtres qui ne se sont jamais oubliés. »
« Il y a de ces douleurs qui ne se cicatrisent jamais et qui laissent sur le coeur un poids bien lourd.« 

Mon avis : L’histoire se déroule en 1967, au Québec, dans la petite ville de Saint-Anselme. Rosalie, infirmière, se retrouve accusé d’avoir causé la mort d’un vieux curé nommé Charles-Eugène Aubert, qu’elle aurait connu il y a maintenant plus de vingt-cinq ans. Elle affirmera avoir été perturbée de le revoir, et que l’erreur de médicament administré au curé n’était pas voulu. Mais qu’a-t-il bien pu se passer vingt-cinq ans plus tôt avec ce curé, pour bouleverser cette femme, à tel point qu’elle commette de graves fautes ?

Claire Bergeron, l’auteure du roman, est originaire du Canada, plus précisément du Québec, là même où se déroule l’histoire. La plupart des lieux qu’elle cite, tels que l’Abitibi, Amos ou encore Senneterre son réels, de façon à se que l’on puisse bien se représenter l’endroit où se passe l’action. L’histoire se déroule la majeure partie du temps en 1967, mais une importante part du roman est également consacrée aux souvenirs de Rosalie, donc dans les années 1941.

Ce roman est en partie une autobiographie de la vie de l’auteure, car elle-même « rêvait de devenir médecin mais les études n’étant pas accessibles aux jeunes filles dans ce Québec des années 60, elle choisit de devenir infirmière« , tout comme notre héroïne.

Une héroïne bien courageuse et très généreuse. Elle n’hésite pas à venir en aide aux gens dans le besoin ; son grand coeur lui a permit de se faire rapidement apprécier par la population de l’Abitibi. Je pense que Rosalie avait toutes les qualités nécessaires pour devenir une bonne et grande infirmière. En tout cas, elle le méritait beaucoup.

Malheureusement pour elle, l’antipathique curé Charles-Eugène Aubert a, pour ainsi dire, ruiné sa vie. Son caractère a eut le don de m’énerver… mais il m’a aussi intrigué. Sous ses airs de curé tout gentil, se cache un homme méchant, prêt à tout pour obtenir ce qu’il souhaite.

Dans les années 1940, comme l’explique très bien Claire Bergeron dans ce roman, les femmes avaient un rôle bien précis et restreint vis-à-vis de diverses professions. Elles ne pouvaient pas exercer certains travaux, considérés réservés uniquement aux hommes. De plus, une fois mariées, elles devaient arrêter de travailler pour s’occuper de leurs enfants, leur mari, et du foyer. Des conditions épouvantables et rabaissantes pour ces pauvres femmes, qui ne demandaient qu’une chose : être l’égal de l’homme.
La contraception et l’avortement n’étaient d’ailleurs pas encore autorisés du temps où l’histoire se passe, mais les femmes essayaient néanmoins de se faire avorter illégalement, au risque de leur vie… Le chanoine Aubert, d’ailleurs, conseille fortement aux femmes de procréer, même si leur vie en dépend… Des paroles qui semblent sorties tout droit de l’esprit d’un fou, mais apparemment, ces parties de l’histoire racontées étaient bien réelles à l’époque, au Québec.
Mes précédents propos par rapport à la procréation des femmes me fait légèrement penser au roman La servante écarlate de Margaret Atwood, elle-même Canadienne… comme quoi, cette époque a choquée et horrifiée à vie tous les Canadiens.

Pour continuer dans la lancée sur les femmes, l’auteure nous livre avec effroi les conditions intimes dont elle devaient faire face. Souvent abusées par des représentants de l’église, elles ne pouvaient rien dire, de peur de se faire traiter de menteuses. En parlant de l’église, la religion avait une très grande importance dans ces années-là, on y voit d’ailleurs très nettement sa large puissance.

Sous le manteau du silence a des thèmes principaux très intéressants, qui m’ont appris pas mal de choses sur les conditions de vie des femmes dans les années 40, au Canada. Sur ce point-là, je ne peux pas le nier, Claire Bergeron a très bien expliqué et fait passer son message.

Néanmoins, l’écriture de l’auteure contenait certaines longueurs, notamment dans la seconde partie du roman. Outre ce point négatif, j’ai trouvé l’histoire général originale et captivante. La protagoniste est une battante, elle luttera pendant presque tout le récit pour enfin être Libre. Le suspense n’était pas présent, mais les sentiments y étaient.

 

Ma note : 6/10

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