Littérature jeunesse

La peau d’un autre

dbc
La peau d’un autre de Philippe Arnaud.
213 pages, éditions Sarbacane, collection Exprim, à 15,60 €

 

Résumé : Ils ont tout choisi pour lui, à sa place.

Jusqu’à la couleur de sa peau, et ça n’était jamais la leur.
20 ans à se cacher, à fuir les miroirs, sur le continent de son enfance comme sur celui où il s’est échoué ensuite.

Alors, au bout de 20 ans, il est temps de sortir du sac. Posté à l’entrée de l’école maternelle, en faction, mitraillette et ceinture d’explosifs sous le manteau, il entre.

Il va leur montrer qui il est.

Extraits :  « Maîtriser la blessure. Mais nourrir la rage. »
« Le treillis était en soi un message aussi lapidaire qu’explicite : nous sommes mûrs pour tuer, ne nous refusez rien, sinon…« 

Mon avis : Maintenant c’est confirmé, la collection Exprim des éditions Sarbacane ne contient que des livres forts, où le lecteur ne sort jamais totalement indemne au terme de sa lecture.

Un étrange ravisseur, un certain Pigment, s’introduit dans une école maternelle une mitraillette à la main. Il prend en otage la classe de grande section, qui contient la maîtresse et les nombreux enfants. Que veut ce mystérieux ravisseur ? Muet tout au long de sa prise d’otage, il va néanmoins laisser révéler à la maîtresse qu’une ceinture d’explosifs lui entourent la taille. A partir de ce moment-là, le temps est mis en parenthèses. L’homme armé et la maîtresse vont se souvenirs de moments pas très gais qu’ils ont vécus tout au long de leur vie. La jeune Manon, que tous surnomment « l’assistante », va essayer de canaliser ses camarades pour tenter de les apaiser pendant tout le temps que dure la prise d’otages…

Ce roman est vraiment très original. Il se déroule tantôt dans le présent, avec les heures et les minutes affichées en gras (ressemblant à une sorte de chronomètre) et le point de vue et/ou les pensées des différents protagonistes. Puis certaines parties sont essentiellement des souvenirs d’enfance des personnages, des moments particulièrement difficiles qu’ils ont du vivre.
J’ai beaucoup apprécié les poèmes/chansons que le ravisseur a écrit avant de commettre cette acte désespéré de prise d’otage. Sa douleur est perceptible à travers ses écrits, il ne parle pas beaucoup, mais cette façon d’étaler les mots sur le papier lui permet de se libérer, de s’exprimer, tantôt sa rage et sa colère, tantôt son désespoir et sa lassitude.

En toute honnêteté, je n’ai pas vraiment accroché aux personnages. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils ne m’ont pas touchés !
Je vais commencer par la jeune Manon, qui fait preuve d’une grande clairvoyance face à la scène qui est en train de se dérouler. Sa maturité et son intelligence lui permettent d’aider les autres, qui ont pourtant le même âge qu’elle. Tout au long de la prise d’otage, elle a essayé de comprendre l’acte désespéré qui a mené l’homme a entrer dans leur classe une arme à la main…
L’homme à la mitraillette, Pigment (un surnom qu’on lui a donné), est un être renié de tous, qui ne parle que très peu (quand c’est vraiment utile), il est très mystérieux et fort étrange. J’ai maintes fois essayé de me l’imaginer, de le reconstituer, mais en vain… Il est vraiment très renfermé sur lui-même. Je ne sais d’ailleurs que dire sur lui, tant son attitude, son caractère et sa personnalité m’ont parus abstraites. Néanmoins il fait preuve d’un sang-froid inimitable face à ce qu’il est en train de faire, il ne se démonte pas à la vue des pleurs des enfants. Il m’a fait un peu pitié. Mais je dois avouer qu’une fois que nous avons pris connaissance de son histoire, il a un côté touchant et émouvant qui ressort.
La maîtresse est elle aussi plutôt mystérieuse. Les quelques souvenirs de son enfance m’ont donnés très envie de la découvrir davantage, dommage que la description de sa vie n’ait pas été plus approfondie.

Au vue des nombreux films qui traitent de prises d’otages dans différents lieux, j’en attendais beaucoup de ce roman. Au départ, j’avais plutôt peur d’être déçue par ma lecture, mais au contraire, je me suis régalé !
Il y a une ambiance plutôt oppressante tout au long du livre. On attend avec impatience de découvrir le dénouement, de savoir si l’agresseur va tuer, s’il va se faire exploser, ou s’il va se rendre… La tension est palpable tout au long du livre, et elle est également renforcée par l’heure qui est affichée à chaque changement de « narration de personnages ». Le lecteur est tenu en haleine…

Même si ce roman n’est pas très dynamique, l’histoire est vraiment touchante. On peut notamment découvrir le « pourquoi » qui mène à de tels actes.

 

Ma note : 7/10
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