Théâtre

En attendant Godot

dbc
En attendant Godot de Samuel Beckett
124 pages, éditions de Minuit, à 6,90€
Résumé : L’attente comprend deux phases, l’ennui et l’angoisse. La pièce comprend donc deux actes, l’un grotesque, l’autre grave. Préoccupé de peu de choses hormis ses chaussures, la perspective de se pendre au seul arbre qui rompt la monotonie du paysage et Vladimir, son compagnon d’infortune, Estragon attend. Il attend Godot comme un sauveur. Mais pas plus que Vladimir, il ne connaît Godot. Aucun ne sait au juste de quoi ce mystérieux personnage doit les sauver, si ce n’est peut-être, justement, de l’horrible attente. Liés par un étrange rapport de force et de tendresse, ils se haranguent l’un et l’autre et s’affublent de surnoms ridicules. Outre que ces diminutifs suggèrent que Godot pourrait bien être une synthèse qui ne se réalisera qu’au prix d’un anéantissement, Didi et Gogo portent en leur sein la répétition, tout comme le discours de Lucky, disque rayé qui figure le piétinement incessant auquel se réduit toute tentative de production de sens.
Extraits : « ESTRAGON : Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent. »
« VLADIMIR : Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
ESTRAGON : On attend.
VLADIMIR : Oui, mais en attendant ?
« 

Mon avis : Dernière pièce de théâtre de Samuel Beckett que je vais chroniquer avant pas mal de temps. En attendant Godot est l’oeuvre de l’auteur la plus connue au sens littéraire, et la plus représentée sur scène parmi toutes ses oeuvres. Bien qu’elle ait été très originale (une habitude chez Samuel Beckett), ce n’est pas celle que j’ai le plus apprécié.

Tout comme dans Oh les beaux jours et/ou Fin de Partie, on retrouve l’inimitable thématique du temps qui passe, insoutenable, régulier, sans issu. Les deux comparses, Estragon et Vladimir, attendent chaque jour inlassablement l’arrivée de monsieur Godot… en vain. Un jeune enfant vient, comme de coutume, les prévenir qu’il ne viendra pas, mais qu’ils peuvent repasser le lendemain. Le temps semble infini, les personnages sont englués dans des habitudes massacrantes, qui les oblige à reproduire les mêmes gestes, à répéter les mêmes, continuellement.
Comme dans Oh les beaux jours avec Winnie qui monologue sans discontinuer pour ne pas sombrer dans le gouffre de la mort, Vladimir et Estragon tentent de combler l’attente interminable en parlant de tout et de rien.

L’unique échappatoire, qui donne lieu des scènes loufoques et surprenantes, c’est lors de l’arrivée du mystérieux Pozzo, avec ce qui semble être son serviteur, Lucky. On retrouve alors les conditions de survivances et la relation sadomasochiste déjà présente dans Fin de Partie avec Hamm entièrement dépendant de son serviteur Clov. Encore en parallèle avec cette même pièce, dans laquelle les parents de Hamm étaient enfermés dans une poubelle, on peut discerner dans En attendant Godot une déshumanisation des personnages, notamment de Lucky, abaissé à un rang d’être sauvage et primitif.

Dans cette pièce, pourtant représentée en extérieur, à en croire l’arbre présent sur scène – l’un des seuls éléments du décor -, le lecteur se sent comme enfermé dans un huis-clos étouffant.

En attendant Godot est assez complet, dans le sens où il reprend les grandes thématiques des ouvrages précédents de Samuel Beckett. Toujours aussi original, l’histoire, si l’on peut la qualifier ainsi, offre des analyses modernes et inédites concernant les comportements humains et l’esprit de société. Un livre aisé à lire, où il faut faire néanmoins preuve d’imagination pour accéder aux pensées qu’a voulu formuler l’auteur.

Ma note : 7/10
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