Littérature jeunesse

Boys out !

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Boys out ! de Rawia Arroum
318 pages, éditions Hachette, collection Black moon, à 16€

 

Résumé : Depuis l’Éradication, le monde est gouverné par les femmes et pour les femmes uniquement. Les hommes n’ont plus le droit de cité. Tous sont bannis, ou bien traqués et placés en détention pour assurer leur seule fonction : la reproduction. Ensuite, systématiquement, ils sont éliminés. Comme toutes les jeunes filles de son âge, Lyra s’entraîne dur pour être capable d’affronter et de maîtriser les mâles qui rôdent encore. Jusqu’au jour où elle doit rencontrer un homme pour procréer à son tour…
Extraits : « Les hommes ont un pouvoir très puissant. Ils peuvent nous faire faire n’importe quoi. Ils peuvent nous rendre heureuses en se contentant de nous regarder. »
« Mon coeur m’appartenait, tu me l’as pris, dis-je. Mes pensées étaient à moi, tu t’es incrusté dedans sans me le demander. J’avais une vie réglée et tranquille, tu l’as chamboulée. Tu m’as volé mon quotidien. Tu as fouillé dans mon coeur et tu t’y es fait une place entre ma mère et mes soeurs. Tu m’as rendue dépendante, Loan. Comme droguée à toi, à ta présence.« 

Mon avis : Vous ne pouvez pas savoir à quel point j’aime ce genre de lecture : aux premiers abords, ce livre semble plutôt ludique, accessible à tout type de lecteurs, mais qui cache en son sein bon nombre de thèmes généraux fondamentaux de notre société. Un roman coup de poing, que j’ai vraiment adoré découvrir !

L’histoire se déroule dans une univers que l’on pourrait qualifier de parallèle. Le monde est gouverné par les femmes, qui, après une révolution il y a quelques années de çà, décidâssent que les hommes, trop dangereux pour la gente féminine, devaient être punis, exclus, voire supprimés complètement de la surface de la terre. Les fermmes sont endoctrinées depuis leur plus tendre enfance, les plus âgées leur apprenant à détester les hommes – me rappelant avec effroi Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley, où les bébés sont présentés comme des robots, qui apprennent dès leur plus jeune âge les bases du monde dans lequel ils viennent d’atterrir. Elles s’entraînent durement au Camp, pour accroître leurs forces physiques et mentales, pour contrôler les hommes rebelles, qui auraient échappés aux prises des femmes. C’est le cas de Lyra, notre jeune protagoniste… jusqu’au jour où elle est appelée à la Structure, l’endroit où sont retenus tous les hommes prisonniers, pour procréer, de force. C’est là qu’elle découvre le père de sa prochaine fille – car les bébés garçons sont proscrits et tués -, Loan.

Ce roman est fabuleux. L’atmospère générale, les tournures de phrases, tout nous plonge dans un univers parallèle, bien loin de nos contrées réalistes, dans un monde peuplé de femmes sauvages, déterminées à éliminer tous les hommes. Dans ces contrées bien sombres, on a l’étouffante impression d’être embrigadés, retenus prisonniers dans un monde clos, délimité de toutes parts, sans pouvoir s’échapper.

L’atmosphère me rappelle le roman Promise d’Ally Condie, avec une des thématiques similaire : la perte d’identité. En effet, Lyra, notre héroïne, subit un lavage de cerveau dès sa plus tendre enfance. Elle est élevée dans une ligne bien droite, elle apprend les éléments fondamentaux de cette société féminine, mais surtout, elle apprend à haïr les hommes, sans même les connaître. Les hommes, quant à eux, ne sont plus rien, réduits au rang de déchets, comme le répète inlassablement Lyra. Ils ne sont plus que des numéros, déshumanisés, sans plus aucun contrôle sur leur vie.

La thématique la plus flagrante, celle qui est développé tout au long du roman, c’est bel et bien la place de la femme dans une relation hommes-femmes. En inversant les valeurs, Rawia Arroum évoque une possible prise de pouvoirs par les femmes pour inverser la tendance. Et si, les femmes, au lieu d’être déléguer en second plan, étaient plus fortes physiquement, mentalement, psychogiquement, capable de combattre comme les hommes, de penser d’elles-mêmes, et de se servir des hommes pour avoir une descendance ? Dans la première partie du livre, une position féministe radicale est engagée, dénigrant les mâles au maximum. Mais au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire, on voit un adoucissement de ce féminisme, pour une égalisation des sexes. L’apparition des sentiments chez Lyra remet toute sa vie, toute son identité et toute l’éducation qu’on lui a appliqué en cause. Elle apprend l’importante place de l’homme dans la société, mais surtout dans la vie d’une femme.

Il y a tellement à dire sur ce livre, que je ne pourrais pas aborder tous les points mentionnés à l’intérieur. Néanmoins, sachez tout de même que derrière ces sujets forts, se cache une histoire des plus émouvantes. Une histoire d’amour toute fragile, mais fusionnelle et intense, des amitiés attendrissantes, et un amour familial bouleversant. Je ne vous parle même pas du dénouement, parfaitement sublime, magistueusement écrit, qui clos, non sans douleurs, mais avec brio, ce sublime ouvrage.

Vous l’aurez compris, j’ai pleinement adoré ce roman. Je recommande à tous de le découvrir, soit pour les thèmes abordés soit pour la magnifique histoire présentée. N’hésitez pas et lancez vous, vous ne le regretterez pas, sachez-le, parole de fan !

Ma note : 10/10
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